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 Les arrêts de bus Biélorusse (solo)

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MessageSujet: Les arrêts de bus Biélorusse (solo)   Dim 20 Sep - 22:04





















 Une image dans une boîte
"On ne voyage pas pour voyager, mais pour avoir voyagé." A. Karr


J'avais tout juste quinze ans à ce moment là. Quinze piges, et j'avais déjà glissé une clope allumée entre mes lèvres, quinze piges et j'avais déjà senti le chaleur de l'alcool pénétrant ma gorge en brûlant tout sur son passage.
Jeunesse décadente diriez vous ? Je vous emmerde. J'avais aussi quinze piges, et ma mère se prostituait pour qu'on puisse vivre. Elle buvait aussi, mais je devais faire semblant de ne pas le savoir. Comme pour son boulot.

Un soir, on s'est disputées. Je suis sortie de notre micro appart tout pourri, et j'ai fait un tour dans la ville, en m'arrachant les lèvres de rage. J'avais l'impression que les gens s'écartaient sur mon passage, comme si ma colère leur filait de grands coups de poings dans la gueule. Alors j'ai fini par rentrer chez moi, en détestant encore plus cette foule d'inconnus. Dans le hall sale et délabré de mon immeuble, j'ai allumé la lumière, en entendant le petit tic-tic insupportablement chiant de la minuterie. Surtout qu'elle était pourrave cette lumière, il arrivait que l'ampoule grésille en zébrant les murs gris. Et les boîtes aux lettres. Ça faisait longtemps que je n'avais pas jeté un coup d'oeil à la notre. On évitait en principe, trop de factures ou de pub en vrac. J'aime pas les pubs ostentatoire, et j'avais écrit en gros, au marqueur rouge "fuck la pub". Z'ont pas compris apparemment ces cons.
J'avais la clé, et puis de toute façon, la serrure était déjà foutue en l'air. J'ouvrais donc la porte. Le courrier tomba d'un coup partout autour de mes pieds. La minuterie lâcha son tic final, et la lumière disparut.

"Bordel de merde !"

J'avais crié, et bien fort en plus. Toujours en colère, je m'étais penchée pour ramasser le courrier, et puis je me rendais compte que c'était vain, parce que j'y voyais rien. D'un coup, je me levais pour aller chercher l'interrupteur, et je m'encastrais la petite porte de la boîte aux lettres sur l'arrière du crâne.

"Haaaaaa PUTAIN !"
"C'est pas bientôt fini ce bordel ?"
"Ta gueule vieil enfoiré !"
"Nan mais c'est quoi cette petite conne qui se croit tout permis ?"

J'entendais des pas. Fallait que je me bouge. Je rappuyait sur l'interrupteur en me tenant l'arrière du crâne, puis je ramassais à la hâte tout ce que je ne tenais pas déjà dans ma main libre. Je ne prenais pas la peine de fermer cette porte de merde, et me barrais à toute allure dans les escaliers, entendant au loin les vociférations du vieux con.
En entrant dans l'appart, je constatais que ma mère avait dû aller se saoûler dans un coin, et je posais le courrier sur la table, en constatant que je saignais. C'était assez douloureux. Et puis un truc attira mon regard. Il y avait, parmi toutes ces conneries de factures, une carte postale, assez jolie. Un arrêt de bus, avec de gros tournesols peint dessus. De la neige, une route, du vide. Et un truc écrit en cyrillique je crois. Au dos, je déchiffrais mon prénom, et ça me suffisait pour emporter la carte dans ma chambre.

Allongée en petite culotte tee-shirt, un mouchoir pressé sur le crâne et une cigarette roulant entre mes lèvres, j'étais sur mon lit, et lisait le contenu de la carte avec attention.

Ma petite Astrid,
J'espère que tout roule pour toi avec ta mère.
Je t'envoie cette carte, parce que je la trouvais très belle. C'est un arrêt de bus en Biélorussie, un pays assez discret mais plutôt sympa. Ça te brancherais qu'on y aille ?
-Ada


Amanda, plus connue sous le nom d'Ada. Elle a trois ans de plus que moi, mais on s'est toujours bien entendue. Ada, elle est communiste, et elle le revendique haut et fort. Elle a toujours aimé voyager aussi. Un jour, elle m'a promis qu'elle m'emmènerais en voyage.
Alors je l'ai appelé, en lui disant que je la rejoignais à Paris demain soir. Elle avait l'air contente, et j'ai terminé ma clope.



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MessageSujet: Re: Les arrêts de bus Biélorusse (solo)   Dim 27 Sep - 20:51





















 Camarade Ada
"Les communistes sont des missionnaires historiques de la liberté." P. Vaillant-Couturier



Assise à la terrasse d'un café parisien, une cigarette fumante coincée entre les doigts, un peu affalée sur une chaise relativement confortable. Le gros cliché. J'en étais à ma cinquième cigarette depuis ma descente du train -que je n'avais évidemment pas payé, non mais-, et la nuit tombait doucement sur la capitale frénétique. Je n'ai aucun sens de l'orientation, et très peu de connaissance sur cette grosse ville d'agités, alors... J'ai préféré donner rendez vous à ma chère Ada. Sauf que j'avais oublié que la ponctualité n'était pas du tout son truc. Tant pis, j'avais le temps. On a toujours le temps devant soit, je crois. Ma clope fumait doucement, et je repensais à ma première rencontre avec Ada. Elle avait des cheveux rouge sang, un maquillage noir et des fringues provoc'. Elle avait la rage au ventre, encore pire que moi. Je m'étais tirée de chez moi en pleine nuit, comme hier soir. Je m'étais perdue dans les petites rues dégueulasses. Des types bizarres avaient commencé à me suivre. J'ai eu peur, ils riaient fort. J'étais vachement jeune à cette époque. J'ai couru aussi rapidement que mes jambes le pouvait. J'ai trébuché, comme dans un film. Je suis tombée, au ralenti, en hurlant, tandis que je les voyais, tout proche de moi. Ils m'avaient rattrapés, je me demandais ce qu'ils allaient me le faire. J'étais naïve, mais je me doutais bien de ce qui allait se passer. Tétanisée, je n'ai rien fait d'autre que pleurer, les mains sur la tête. Fragile et pitoyable créature. Et là, Ada est apparue. Enfin, je ne l'ai pas vue tout de suite, mais elle m'a enjambée, avec un regard noir, comme si j'étais une honte à pattes. Elle avait une barre en métal dans la main et appuyée sur l'épaule. Les cheveux en bataille, et cette allure badass. Moi je n'osais pas bouger, vraiment pas. Et puis j'ai entendu un cri de rage, des coups, des cris de douleur. Évidemment, ils étaient trop pour elle, mais elle en avait déjà amoché pas mal, et profitant d'un instant de répit, elle m'a saisit par le bras, m'a tiré en me hurlant de me bouger, avant de m'entraîner à sa suite.
J'ai eu à ce moment là l'impression de courir pendant des heures et des heures. À un moment, on est entrée sous un porche, et elle m'a enfin lâchée. Je me suis massée le bras, sans rien oser dire, les yeux rivés sur le sol.

Merci..
Merci ? Tu oses me dire merci ? Mais t'as rien compris putain !

Surprise, j'ai relevé les yeux vers elle. Un air de folle furieuse, et certainement très en colère.

Je...

Elle ne me laissa pas le temps de finir ma phrase. Toute proche de moi, elle m'attrapa par les épaules, me secoua un peu et me poussa en arrière. Et moi, dans toute ma fragilité et ma faiblesse, je tombais en arrière, lourdement sur mes fesses, qui heurtèrent violemment le sol. J'accusais le coup avec un petit cri, et elle m'envoya un grand coup de pied dans la mâchoire. Cette fois je hurlais, regrettant presque qu'elle m'ait "sauvée". Puis elle me refila un coup de pied dans le ventre cette fois ci, et encore un autre. Mes cris devaient la galvaniser, parce qu'elle continua, jusqu'à ce que je crache du sang.

Ça fait quoi, d'être aussi faible dans cette société de merde ? Tu te sens bien, avec ton petit cul bien vissé dans ce moule à la con ?

Je n'osais pas répondre, et me recroquevillais sur moi même, en retenant du mieux que je pouvais les larmes que je sentais monter à vive allure. Je respirais difficilement, on aurait dit que je venais de me taper un vieux sprint sans échauffement.
Elle descendit pour se mettre à ma hauteur, en équilibre sur les pointes de ses pieds. Elle a attrapé mes cheveux et les a tiré vers le haut, entraînant ma tête avec. Ils étaient long à l'époque.

Tu me réponds oui ou merde ? Qu'est ce qu'une petite cruche dans ton genre fout dehors à cette heure ci ?

C'est vrai qu'à ce moment là, même si je fugais régulièrement pour aller voir mes amies, j'étais encore une gamine -presque- innocente. Mais à treize piges, vous vouliez que je fasse quoi ? On m'en donnait plus, parce que j'ai toujours été grande pour mon âge, mais vous voyez ce que je veux dire. Elle me toisait méchamment, et tout ce que j'ai trouvé à faire et bien... Lui lancer un sale regard noir, et lui mordre violemment la main. Elle lâcha un cri, et mes cheveux retrouvèrent leur liberté. Je la repoussais et reculais un peu, en essayant de me relever. J'allais me faire buter. Mais je n'osais pas me tirer.

C'est mieux. Beaucoup mieux. Aller viens, on va boire un truc.

Changement total d'attitude. Elle me tendit la main, que j'agrippais, et me tira vers elle, avant de m'emmener vers une porte. On a gravit des escaliers, et on est entrée dans un studio minable. Je croisais un miroir, et vu ma tronche, j'aurais mieux fait de l'éviter.

Hum, je t'ai un peu amochée, mais tu réfléchis lentement tu vois ?

Elle me fila des mouchoirs et un gant humide pour me nettoyer la face, puis posa un verre d'eau sur une table. Elle s'alluma une clope, et s'affala dans un fauteuil bien destroy, en n'ajoutant rien. Elle regardait le plafond fissuré en fumant, silencieuse. Et puis quand elle eut fini sa cigarette, elle se tourna vers moi.

Ada enchantée !
Astrid. Enfin, Sid, j'aime pas mon prénom.
Alors dis juste Sid.
...
Et tu fous quoi dans la rue, à cette heure ci ? T'es certainement pas une clocharde, tu sens bon et t'as des fringues propres. Et me mens pas, sinon je te défenestre.
Je me suis juste barrée de chez moi. Et je ne lui laissais pas le temps d'en placer une. Pourquoi t'as fait ça ?
De quoi, le passage à tabac ? J'hochais la tête, et elle continua. Bah, parce qu'il fallait te faire comprendre que tu étais en tord. Je t'ai punie en quelque sorte, pour que tu puisses repartir sur de bonnes bases. Devant mon manque de réceptivité, elle ne s'arrêta pas. Cette société est pourrie, rongée jusqu'à la moelle. En plus d'être esclaves de la dictature capitaliste, on éprouve le besoin d'en rabaisser certains pour en élever d'autres. Si je t'avais pas aidée, t'aurais été rabaissée au rang de victime, et ces types t'auraient violée sans aucun remord. T'aurais même pu crever. Je frissonnais, et elle poursuivit. Du coup, je suis moi aussi rentrée dans le système en les tabassant. Parce que toi, au lieu de lutter, tu es toi même devenue la victime qu'ils comptaient faire de toi. Tu comprends ? Je ne parlais toujours pas. Après, quand je t'ai frappé, j'attendais juste que tu te battes. Que tu me montres que t'es pas si fragile que ça. T'es plutôt résistante.

Elle me dégoûtait en même temps qu'elle me plaisait. De rage, je serrais le verre d'eau entre mes mains, fort, tellement fort... Qu'il se brisa. Du sang, de l'eau. Je hurlais un Aïe, Putain. Après, elle m'a désinfectée, puis on a discuté toute la nuit. Je me suis endormie contre elle, sa présence me rassurait. Cette nana qui m'avait passée à tabac apaisait avec sa propre rage celle qui me brûlait le bide depuis des jours et des jours.
Le lendemain matin, je suis rentrée chez moi, et on a gardé contact.

Sid ?

Ada était là, juste devant moi. Ses cheveux étaient noirs maintenant, et attachés à l'arrache. Elle portait un jeans, un tee-shirt avec une grosse étoile rouge et un message du parti communiste écrit en gros dessus. De grosses pompes noires et un blouson en cuir. Un grand sourire aux lèvres, je lui sautais dessus en criant son nom. On attira l'attention de quelques parigo de merde, mais aux chiottes.
On s'échangea des banalités, on fuma à s'en arracher les poumons, et elle me conduisit jusque chez elle, où l'on s'allongea côte à côte dans son lit, à refaire le monde à coups d'idéaux. Elle était anarchiste avant, mais les idées communistes lui semblaient plus réalisables, alors elle avait rejoint ce mouvement, si jeune. Moi j'étais fermement accrochée à mes positions de mini rebelle anti système, un peu anarchiste, mais j'étais pas encore finie dans ma tête.
Je m'endormais, blottie contre elle, tandis qu'elle fumait en fredonnant je ne sais quoi.




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MessageSujet: Re: Les arrêts de bus Biélorusse (solo)   Jeu 1 Oct - 15:00





















Roulons roulons
''La route du bonheur est peut être la route de l’oubli.’’ - Y. Reza



La tempe appuyée sur la vitre fraîche, les yeux perdus dans le vague. Dehors, il faisait froid, gris, et la pluie tombait de façon très irrégulière. D'après Ada, on avait dépassé la frontière française dans la nuit. Je pensais pas que cette voiture de merde tiendrait jusqu'à la frontière. Ce n'est certainement pas la bagnole d'Ada, elle n'a pas assez de thune pour s'en payer une. C'est celle d'Anton, le conducteur, biélorusse de tout son état. Ada dort à poings fermés derrière, étalée comme elle le peu sur la banquette inconfortable. Ils savent conduire l'un comme l'autre, et se parlent en russe. Parce que ouais, Ada baragouine une langue étrangère. Moi j'ai bien essayé de communiquer en anglais avec ce type, mais mes tentatives se soldaient d'échecs à chaque fois. Non seulement il n'était pas foutu de comprendre un "Hello" ou "How are you", mais en plus il n'avait pas l'air de m'apprécier. Bon c'est sûr que je n'aurais pas du dire "Dollar dollar" pour essayer de communiquer avec un communiste biélorusse. MAIS j'ai fait des efforts. Lui non. Ada m'a conseillé de ne pas blaguer avec lui, parce qu'il était aussi aimable qu'une porte de prison avec les non-adhérents communistes. Sans blague.
Ce type est à baffer. Et Ada dors derrière.
Encore derrière nous, il y a une autre voiture avec des amis d'Ada, tous communistes. Et au fur et à mesure qu'on roule, je me demande si ce n'était pas une connerie que d'accepter sa proposition.

Tu comprends, une fille devait venir avec nous à la base, sauf qu'elle s'est désistée au dernier moment. Hors, les visas sont durs à obtenir pour la Biélorussie, comme c'est encore assez fermé comme pays. Du coup, j'ai sauté sur l'occasion pour te proposer une petite excursion, ça te fera des souvenirs inoubliables !

Quand j'ai apprit, en cherchant sur mon téléphone, que les biélorusses pratiquaient encore la peine de mort, je me suis demandée ce qu'elle incluait dans souvenirs inoubliables. D'ailleurs, mon téléphone est actuellement inutilisables. En fait, il est éteins au fond de mon sac, pour un milliard de raison. Tout d'abord, parce que mon forfait est français, pas international. Ensuite, parce que je pourrais pas le charger, puisque mon chargeur n'est pas adapté. Enfin, parce qu'Anton ne supporte pas la technologie américaine. J'emmerde Anton.
Il n'empêche que le bestiaux est un putain de stéréotype du mec russe (biélorusse, mais c'est pareil, y a russe dedans), du coup, j'ai pas envie de lui chercher des bricoles. Parce qu'avec ses grosses mains calleuses, il peut me casser le cou l'enfoiré.

Non très sincèrement. Plus le temps passe, et plus je me demande pourquoi j'ai dis oui.
J'ai envie de descendre. Bizarrement, la voiture ralenti...
Levant les yeux rapidement, je constatais qu'on arrivait sur une aire d'autoroute. Pause pipi peut être. Ou caca. Ou les deux. Beurk, l'ennui me fais déblatérer des conneries.

Постоянный Принцесса !

Anton s'adresse à Ada évidement. Nan mais à quel moment il me calculerait, sincèrement ? Et elle s'étirait avec un grand sourire, tandis que l'autre partait faire pipi, en se tenant élégamment l'entre jambe. Putain de bonhomme.
Je me demandais où on était. On avait bien roulé, puisque Anton et Ada se relayaient au volant, et au final, on ne s'arrêtait quasi jamais. Et on était déjà en fin de matinée. J'avais faim.
Pour m'occuper, puisqu'apparemment, personne ne comptait improviser un barbecue ou un pique nique, j'attrapais une carte de l'Europe, et l'ouvrait en grand. Où pouvaient on bien être ?

здесь.

Je sursautais, en poussant un petit cri. Anton était revenu, et avait posé son doigt sur la carte, sur la frontière entre l'Allemagne et la Pologne. Je le regardais avec de grands yeux étonnés, n'ayant aucune idée de la traduction de déjà en russe. Il me semblait voir un petit sourire se dessiner sur ses lèvres, mais tellement petit que je croyais avoir rêvé. Et il sortait à nouveau, tandis qu'Ada finissait de se réveiller en baillant avec la grâce d'un éléphant.
Après qu'on ait mangé un truc dégueu, on est reparti. Ada conduisait, tandis que l'autre dormait à l'arrière. Silence radio, il ne faut pas le réveiller. J'ai déjà demandé qu'est ce que je foutais là ?
Alors je me plongeais encore une fois dans la contemplation du paysage. Qui devenait flou, tout doucement.

J'ai rêvé, d'un autre monde. Où tout était doux et chaud. On se déplace en planant, en rebondissant sur d'énormes formes colorées. Anton n'est pas là, ici il y'a juste Ada et moi. Je suis blottie dans ses bras, la tête contre sa poitrine, et j'entends son coeur qui bat, doucement. Un peu arythmique, mais quand même rassurant. Et puis ça devient de plus en plus fort, de plus en plus net, de plus en plus...

Réveil. Anton a mit un CD, et c'est assez bizarre cette musique qui en sort. Mais de toute façon, d'après Ada, on est bientôt arrivés. Oui parce qu'elle sait parler français en fait, j'avais cru, après toutes ces heures, qu'elle ne jactait plus qu'en russe.
On s'arrête enfin, j'ai mal aux jambes, mais j'écrase, parce qu'on a un comité d'accueil. Qui a l'air en joie. Ou pas. Je crois que je ne me suis pas encore assez demandée ce que je foutais ici. Il fait nuit, et assez froid, instinctivement, on ressert tous nos vestes. Un type a l'amabilité, non je dirais plutôt l'onctuosité de barboter trois mots en français, du genre bienvenue and co. J'ai presque failli applaudir dites moi ! On nous fait boire un truc vachement fort pour faire sympa (et j'ai failli perdre l'intégralité de mes tripes), et après, tout le monde dégage. Les français suivent certains biélorusses, et il ne reste plus qu'Ada, Anton et moi. Anton qui me regarde bizarrement, et j'évite de faire pareil, il est peut être aussi bête qu'il en a l'air. Et elle a l'air un peu gênée.

Hum, à la base je devais aller chez Anton, mais comme tu es là, je ne vais pas te laisser toute seule... Du coup...

L'hôtel pitié l'hôtel !

Ça ne te dérange pas de dormir sur le canapé dans son salon ?

Bug. Canapé. Ça veut dire qu'il n'a pas de chambre d'ami. Ou alors, qu'Ada l'occupe déjà. À moins que...

Et tu dors où toi ?

*Quelques heures plus tard*

Je suis donc confortablement (ou pas) installée sur le canapé d'Anton. Canapé qui est tellement pourri qu'il a dû être construit avant la naissance de ma mère, c'est pas possible sinon. Évidement, ce cher Anton n'a à l'évidence AUCUNE chambre d'amie. Et Ada est dans son lit. Dans ses bras. De gros animal débile. Et moi, je tourne et retourne sur mon lit de fortune, qui en plus grince. Et a une ou deux lattes en moins.
J'ai envie de pleurer. Je sais pas, une espèce de gros sentiment d'impuissance violent qui me saisit à la gorge, et qui m'étouffe. On appelle ça accumulation, même si la dernière info gifle carrément plus. Ada sort avec ce gros balourd moche et stupide. Et demain, on rencontre les jeunes membres du parti communiste, parti plus ou moins unique dans ce pays. Putain.




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