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 Finir mal.

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Cancre

Cancre


Âge : 16
Orientation sexuelle : Hétérosexuel
Job : Ecrivain. Non pratiquant.
Messages : 50

MessageSujet: Finir mal.   Sam 26 Sep - 12:30

Finir mal.
Introduction


Finir mal.

Chaque histoire à sa propre signification, son propre message. La forme peut être soignée, abstraite, ou bien même bordélique, l'important est de retenir ce qu'elle nous apprend. Ne rien apprendre est un vice tentent, et je peux comprendre pourquoi. L'ignorance rend joyeux. Il n'y as qu'à voir tout ces gens là, ces penseurs, ces intellectuels, ces gens qui possèdent ce don de réflexion... Le taux de tristesse et de dépression est élevé. Alors que les gens simple sont heureux, me semble-il.

Chaque histoire peut être une nana. Mon vice. Ma boite de pandore. Depuis le décès d'Alicia, j'avais essayé de passer à autre chose, me relancer dans des relations avec des nanas souvent formidable, spoilers, ça finissait mal. Pour de nombreuses raisons. Mais ce n'est pas le plus important pour le moment, tout ce que j'essaye de dire, c'est qu'oublier ma première était compliqué, surtout car je ne voulais pas oublier. Mon innocence était désormais enfouie six-pied sous terre, et je n'étais pas le seul.

On l'a déjà vu, l'adolescence à l'heure actuelle est faite d’insouciance chronique, et pour beaucoup, de tristesse dépressive crée par des problèmes que l'ont ne devrait pas avoir. Mais que l'on as. Cette société essaye de nous apprendre des valeurs juste en nous montrant des vices. Elle essaye de nous protéger en nous jetant dans une jungle sauvage. On le sait tous, elle est paradoxal. Personne ne nous protège, personne ne nous rend heureux, surtout ceux qui le devrait. C'est pour ça qu'on se jette à corps perdu dans la facilité. Le cul, la beuh, l'alcool. Vivre une nuit d'amour pour palier à la solitude qui nous hante, se défoncer la gueule avec des substances pour rendre cette routine répétitive et nous bercer l'esprit de l'illusion de liberté qu'on as en agissant ainsi.

Chaque nana à sa propre signification, son propre message. Que je les ai aimées ne serait-ce que pendant un court été, ou que mes hormones m’ont donnée cette illusion plaisante n'as pas d'importance. Ce qui est important c'est qu'elles sont toutes importantes pour moi, d'une manière ou d'une autre. Elles m'ont toutes appris quelque chose.

Malgré tout, chaque chose à un début et une fin. L'alpha et l'oméga de la vie. Le début serait Alicia. La fin, je ne sais pas. Tout ce que je sais, c'est que ça va finir mal.

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Titre de l'histoire inspiré par la chanson d'Orelsan : "Finir mal".

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"La cigarette posée sur mes lèvres, une petite mort à chaque bouffée de tabac incandescent."
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Cancre

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MessageSujet: Re: Finir mal.   Sam 26 Sep - 14:48

Finir mal.
Chapitre 1: Denial


Timeline: Quelques mois après l'incident. Derek à 14 ans.

Je me demandais si c'était vrai. Était-elle vraiment morte ? Mon esprit déniait cette possibilité, pour moi elle était toujours vivante. Je le sentais au fond de moi. Mais je m'heurtais au doux mur de la réalité une fois que j'eus vu sa tombe. "Alicia Oldfield" était écrit dessus, et je perdis les pédales. Je fais pas tout forcément dans le même ordre, et c'est souvent un problème. Je fus envoyer à l’hôpital après ma tentative de suicide, je voulais la rejoindre. Hors de question de vivre sans elle. Si l'amour est une eau pure et clair, alors la colère, la perte, le deuil sont des acides nous consumant. Parfois lentement, parfois d'un coup. C'est drôle quand on y pense, qu'une douleur fantôme nous blesse bien plus que n'importe quelle douleur physique. Et là j'avais les deux. La douleur de sa perte, et la douleur de mes cicatrices fraîches, qui me faisait me rappeler d'elle à chaque fois que je les regardait. Une sorte de memento morbidement douloureux. Pour ça que je m'était empressé de les cacher comme je pouvais quand j'étais sorti de mon échec cuisant à l'hosto.

J'avais repris les cours, et j'étais malheureusement plus dans la même classe que la bande. Ma seconde famille était parti sans moi, et ce n'était pas leurs choix. Je pourrais toujours les voir en dehors des cours, bien sûr, mais ça me manquerait de ne plus être avec eux pendant qu'on grattais du papier. Une autre sorte de douleur fantôme je suppose ? Ha ! Je la vois partout celle là.

Les femmes. Un sujet fort intéressant pour un passionné de ces magnifiques créatures tel que moi. Connaissez-vous le phénomène d'association ? L'associationnisme, devrais-je plutôt dire. C'est un phénomène fort intéressant. Grosso merdo, l'esprit fait des relations de ressemblance et d'analogie avec ce qu'il voit, entend. Genre, une femme enceinte verra beaucoup plus de femmes enceintes qu'un type lambda, un mec s'étant acheté une bagnole rouge en verra beaucoup comme la sienne, etc... Ce que vous vivez, ressentez, aura une influence sur votre psyché, votre point de vue... Et bien, c'est mon cas avec les demoiselles.

Bizarrement, chaque nana que j'ai aimé se ressemblent d'une certaine manière, ou ressemble aux nanas fictionnelles qui me faisait bander. C'est étrange, mais plutôt logique. C'est encore pire quand on y rajoute le fantôme d'une femme perdue, surtout quand elle est morte. C'est ce qui m'arriva avec la nana que j'eus rencontrer dans ma nouvelle classe: Mathilda.

Elle me faisait étrangement penser à Alicia d'une certaine manière, dans sa beauté, sa sensibilité, son innocence. Ainsi qu'à un personnage fictionnel du même nom, bizarrement. Seule, autant que moi dans cette classe. Nouvelle, pareil que moi.
On avait vite sympathisé, avec nos points communs. La lecture, l'écriture, la réflexion... Forcément, les paria marginalisé vont forcément bien ensemble. Nous n'étions pas des adolescents normaux, et ceux-ci ne pourrait comprendre des personnes comme nous, ayant connu le malheur, nous poussant à grandir bien plus vite que la normal. La normalité se ressemble.

Au début d'Anna Karénine de Tolstoï, le bouquin préféré d'Alicia et moi, bizarrement aussi celui de Mathilda, il est dit: "Toutes les familles heureuses se ressemblent, mais chaque famille malheureuse l'est à sa façon." Et je partage cette pensée.
Le bonheur se ressemble, quoiqu'on en dise. Mais le malheur à toujours un visage différent malgré la ressemblance qu'il peu avoir avec d'autres, que ce soit dans le contexte, l'histoire, tout ça. Et les ados normaux avec leurs futiles problèmes de boutons sur la gueule, ne pourrait pas nous comprendre. Les marginaux ne sont que peu appréciés. Heureusement, j'étais dans une bande formidable, que je lui présentais directement histoire qu'elle puisse avoir ne serait-ce qu'un semblant de normalité. Une sorte de bonheur formel pour essayer de fuir ses malheurs.

"C'est quand même drôle quand on y pense." me dit-elle.

"Quoi donc, ma chère ?"
lui répondis-je.

"Que tu ais une bande de potes aussi inséparable et géniale alors que tu es plutôt associable."

"Boarf, t'sais, c'est surtout que je les connais depuis perpette, et que j'étais encore un gamin sociable à cette époque, ce qui ne remonte pas à il y a si longtemps quand on y pense."


"Ah ouais ?"

"Ouais. Et puis, je suis pas si associable que ça, sinon on se parlerait pas. Et puis... Je m’entendrai pas avec ce beau monde."

"C'est pas faux. Tu as juste une certaine tristesse au fond de toi malgré ce masque de bonheur niais d'adolescent banal."

C'est pas une discussion, c'est crever l’abcès, briser la glace, putain qu'elle était brillante. L'année qui suivit fût fantastique, j'avais l'impression de revivre. Une douce illusion éphémère. On était toujours ensemble, et mes potes m'en voulait pas. Ils préféraient me voir ainsi, plutôt que dans un lit d’hôpital, donc ils ne dirent rien.

"C'est vraiment la meilleure période de ma vie." me dit-elle, souriante.

"Allons, t'as pas encore vécue toute ta vie que tu me balances ce genre de truc." répondis-je aussi avec un sourire.

"Puisque je te le dit. Et c'est grâce à toi."

"De même."

"Comment ça ?"


Je lui dit tout. Je pense qu'après une année d'amitié et à se tourner autour, je lui faisais suffisamment confiance. D'autant plus que la bande l'avait accepté facilement, sans doute à cause de moi, mais je prenais ça comme un signe. Elle savait tout, ma vie, Alicia, son suicide, ma tentative, et mon ressentis actuel. Elle était assise à coté de moi, m'écoutant sans ne rien dire. Le temps passait autant que mon histoire.

"C'est une histoire triste que voilà."

"Ouais. Et c'est pas original en plus, t'as vu."


Rires. Silence. Reprise.

"Que ce soit original ou non, n'as pas d'importance. Le malheur reste ce qu'il est."

"Le malheur, ouais."

"Ouais. Et je connais ça bien aussi."


Maintenant que j'y pense, elle parlait peu d'elle. Sa tristesse m'était autant inconnu que l'avenir. Elle s'ouvra à moi.

"J'ai une famille plutôt nombreuse pour l'argent que mes parents gagnent. Et c'est plutôt dur à vivre. Une banalité de cette société actuelle, hein."
me dit-elle

"Surement, oui. Mais ça n'empêche pas que c'est chiant et ne devrait pas arriver."

"Oui. Ma sœur est plus âgée que moi et nous as foutue dans la merde, après avoir couché avec un mec lambda qui l'as mis en cloque."

"Laisse-moi deviner, le mec n'as pas porté ses couilles et s'est barré ?"

"Ouais... Donc du coup, vu que c'était trop tard bah... On doit élever le gamin en plus."

"Pourquoi ça m'étonne pas... Y'as vraiment des sales types, putain."

"Je te dirais que c'est aussi la faute de ma sœur, mais bon."

"C'est aussi de sa faute."

"Totalement. Puis bon, mon père est... plutôt bizarre. Un vrai poivrot, bon il bosse et n'est pas violent. L'inverse de ma mère, en somme. D'autant plus que je dois m'occuper souvent de mon petit frère qui est livré à soi-même."

"Erf. Banalité morbide."

"J'te le fais pas dire."


Rire. Encore. Silence. Reprise.

"Mais bon, je peux pas y faire grand chose donc j'essaye de m'intégrer... Et j'avais pas réussi jusqu'à te rencontrer."

"Je n'ai pas fait grand chose, tu sais. Tout ce que j'ai fait, c'est te présenter la meilleure bande de la ville, et révéler ce que tu es au fond de toi."

"Et que suis-je ?"

"Une fille formidable dont je suis tombé amoureux, semblerait-il."


Phrase classe. Vérité. Réciprocité. Baiser. Endorphines.

__

Le temps passait, et c'était les vacances depuis quelques temps. J'étais avec elle, en couple, heureux. La plupart du temps, j'étais heureux. Des fois, j'avais l'image d'Alicia en tête durant nos étreintes, et c'était douloureux. Heureusement, elle comprenait. Une nana formidable. Il était cependant temps de lui révéler la plus grande vérité à propos de moi. Je ne m'en rendait pas compte à l'époque, mais c'était une véritable erreur. Sous prétexte de me balader avec elle, je l'avait emmené au QG de ma vraie bande, les Midnight Crows, qu'on avait monté avec les potes depuis le suicide d'Alicia. Le but ? Protéger les innocents que la société laissait de coté. Comme ce qui était arrivé à mon désormais célèbre fantôme. Si cette putain de société donneuse de leçon n'avait pas menti sur ses devoirs, on en serait pas là. Vous vous demandez sans doute, comment des adolescent, d'autant plus jeunes, puisque la plupart ayant 14 ans puissent faire quelque chose ? Tout simplement car nous n'étions pas seul. Vous n'avez pas idée du nombre de marginaux laissés pour compte dans une ville telle que la notre. On était nombreux. Une centaine de personnes. Dont certains plus âgés qu'on avait recruté en leurs rendant service et qui maintenant devait nous rendre la pareille.

"J'espère que tu m’emmènes pas dans un coin pour abuser de moi." me dit-elle.

"Qu'est-ce que t'en sais ?" répondis-je en riant légèrement.

"J'en sais que tu es un sinistre personnage, en vrai."
, qu'elle me sortais en plaisantant

Oh, la douce ironie. Nous arrivions devant le QG perdu dans ce grand parc, enfin, le QG, plutôt un vieux bâtiment délabré qu'on avait amélioré de nombreux objets trouvés dans des poubelles ou des décharges, pourquoi acheter des choses, quand on peut faire du neuf avec du vieux. Le logo tagué sur la surface de la vieille bâtisse la fit réagir directement.

"Midnight... crows ?"

"Ouais."


On rentrait à l'intérieur, et toute la bande était déjà la.

"Qu'est-ce qu'elle fait là ?" me dit directement Max ayant remarqué Mathilda.

"Relax, Max. Je sais ce que je fais."

"C'est hors de question, tu te rends compte de ce que tu fais ?"
hurla Vincent.

"Vince. C'est moi l'boss, et je sais exactement ce que je fais. Elle est clean, et je lui fais entièrement confiance. Autant qu'à vous, alors pourquoi pas lui faire confiance aussi, les gars ?" répondis-je.

"C'est toi l'boss, boss." me dit Vince avec une pointe d'ironie.

Elle admira la plupart des membres présents dans ce lieu d'un regard curieux, quelque peu illuminé.

"Donc c'est... vous... les Midnight Crows dont on entend parler ?" me dit-elle

"Ouaip." répondis-je

"Et vous faites vraiment tout ce qui est dit sur vous ?"

"Plus où moins. On est dépeint comme une bande fouteur de merde, créant du conflit sans cesse. Je peux comprendre le point de vue, mais on est loin de la réalité. Après tout, c'est commun des ouïe dire que de faire de la désinformation créant un tel consensus." répondis-je encore

"Donc vous faites quoi ?"

"On empêche les vrais fouteurs de merde de continuer tranquillement à faire ce qu'ils veulent... Généralement en leurs pétant la gueule, mais si on peut faire autrement on le fait. Matthieu ici présent est un hacker de génie. Tu sais que tout est informatisé ces temps-ci. Donc on en profite en accédant à tout ce qui est inaccessible pour pouvoir agir en conséquence. D'autant plus qu'on a accès a la radio des flics, ce qui est utile."

"Mais... pourquoi ?"

"Alicia."

"Pardon ?"

"C'est à cause de ce qui est arrivé à Alicia. On s'est juré que ça ne recommence jamais. Lorsque la nuit vient, nous prenons le poids de la société sur notre dos là ou personne n'agit, jusqu'à en devenir des parias. Les corbeaux attendant minuit pour dévorer l'injustice de notre bec purificateur. Nous sommes les Midnight Crows."


Ses yeux s'illuminèrent de mille-feux. Après un an d'activité, nous étions déjà des légendes. Le public, pour la plupart, savait qu'il ne fallait pas nous craindre, nous n'étions, après tout, pas des oiseaux de mauvais augure malgré notre choix. L'état, et plus particulièrement les poulets, pensait autrement eux.

"Derek, viens voir ça."
me dit Mat'

Je me déplaçais vers lui.

"Shoot." dis-je.

"Dans leurs dossiers, ils parlent d'un vieux connard se faisant souvent arrêté dans le quartier de la nuit, dans la rue des prostituées. Il s'est déjà fait arrêté plus d'une fois pour avoir couché avec certaines, sans les payer, parfois avec violence. Il en a tapé plus d'une. Il y va chaque samedi soir, apparemment."

"Chaque samedi soir ?" balança Mathilda.

"Ouais. Pourquoi ?"

"Non rien. Enfin, on est samedi soir donc..."


"C'est vrai." dis-je en me rendant compte de ma notion du temps.

"On y va dès que tu es prêt, Derek." me dit Vince.

"ça roule." répondis-je en m'approchant de Mathilda, "Tu peux venir si tu veux. Mais tu peux rester en sécurité ici, si tu préfères."

"Non, je tiens à venir." me répondit-elle.

"Très bien."

On se mit en tenue, et je rejoignis Vince, Max, et l'escouade dehors, déjà sur leurs moto qui tremblait tel les chevaux de l'apocalypse. Je chevauchais la mienne, avec Mathilda grimpant derrière moi. Je lui mis mon casque sur la tête.

"Surtout, tu le gardes sur toi. Je veux pas qu'on te reconnaisse." lui dis-je

"Oui."

Mettant mes lunettes de soleil, et m'allumant une clope. J'enlevais ce qui maintenait ma moto debout, pour commencer à rouler, guidant ma troupe vers le quartier de la nuit. Les lumières brillait, tel le signe d'une révélation. Je pris ma radio de mes mains, fréquence spécifique, nom de code, puis je demandais:

"Du nouveau ?"

"Oui, boss. Ver localisé. Corneilles en position."


"Capturez-le, mais ne le becter pas. On s'envole vers votre localisation."

On en avait chié pour trouver une manière codée de s'échanger les infos à distance, et hors de question d'utiliser nos portables. Traçables trop facilement. On était arrivé à destination. L'escouade numéro 2 l'avait emmené dans un coin isolé, il était par terre, chialant comme une merde. Tout ce que je détestait. On se garait à coté, et nous descendions tous de nos motos. Je me rallumais une clope, et m'approchait de Kim.

"Chef d'escouade." dis-je, ironiquement.

"Boss." me répondit-elle, ironiquement aussi.

"Alors ?"

"Il était avec une pute dans une allée, et avait commencé à la violenter. On l'as choppé à ce moment là."

"Bien. Je n'ai pas vraiment le choix dans ce cas de figure... Surtout que la police est courant, mais ne fais rien." dis-je en m'approchant du vieux dégueulasse, "Alors, mon vieux. Non seulement on va aux putes, mais en plus on les violente sans les payer ? C'est pas parce que la police en a rien à battre, que nous on s’en fous."

"S'il vous plaît, pourquoi vous faites ça ?"

"T'écoutes pas ? Je viens de te le dire."
dis-je en lui mettant un coup de pied directement dans le visage, "Les types comme toi me répugnent.", coup de poing directement dans le nez, "Juste parce que t'es un adulte, tu te crois tout permis.", je le levais pour le coller contre un mur, "Ta puanteur se ressens de tout ton corps. Tu es un sale type. Un rebut de la société."

"Qui êtes-vous ?"

"Ta rédemption. Tu ne pensais pas rester impuni ?"

"J'arrête... j'arrête, je... je vous promet de ne plus jamais recommencer."
me dit-il

C'est quand même marrant, un adulte en pleurs face à un adolescent de 14 piges qui le dépassait déjà, et était bien plus fort que lui. D'autant plus qu'il était entouré d'une bande de motard prêt à lui sauter dessus. C'est drôle... quand... on y pense. N'est-ce pas ?

"Tu as bien intérêt."


"Me tuez-pas s'il vous plaît."
geigne-il, la morve au nez se mélangeant au sang.

"Oh, mais je ne vais pas te tuer." dis-je en serrant bien plus fort son t-shirt dégueulasse, "Je vais juste te faire mal. Vraiment. Vraiment. Très mal."

Lorsque ma phrase fût finie je lui écrasais les couilles d'un direct puissant. Il hurla, bien fort. Mathilda s'approcha de la scène.

"Papa...?" dit-elle, le casque entre ses bras.

Je me retournais vers elle, surpris, puis vers le vieux type.

"Mathilda ? Mais... mais qu'est-ce que tu fais avec ces types là ?" dit-il.

Je lui en mis une pour le foutre à terre, puis m'approcha d'elle.

"Je suis désolé. Je savais pas que c'était ton père. Tu veux que j'arrête ?"
lui dis-je

Silence. Le seul bruit présent était celui des motos, des gémissements plaintifs de l'autre, et des messes-basses de ma bande. Elle le regarda, haineusement, puis me regarda.

"Non. Continue." me répondit-elle

Un sourire se dessina sur mon visage, je m'approchait d'elle et je l'embrassait tendrement. Au moins, pour elle, je ne fuis pas, je reste et règle les problèmes. Il fût passé à tabac. D'abord bien amoché par moi, puis toute la bande lui passait dessus. Mathilda faisait partie de la bande à présent, et toucher à une de nos amies était encore pire qu'à une personne inconnu. Il était ensanglanté, dans les vapes, et je pensais qu'il avait bien compris la leçon.

"Appelez Tavares, et foutez-le loin. Très loin." dis-je

"Ça marche."
répondit Kim, le contactant illico-presto.

"Mathilda. Voilà ce qui arrive à ceux qui trahisse et sont impunis."

"Je me doutais bien qu'il était... un être immonde."


Je la serrait dans mes bras, et séchait ses larmes.

___

C'était la fin des vacances, et j'étais parti chercher la demoiselle chez elle. La route n'était pas longue, mais j'y était quand même aller en moto par pur flemme de marcher. Arriver à coté de chez elle, je me posais dans un coin pour l'attendre. Elle ne vint jamais au rendez-vous. Et je ne la vis plus jamais non plus.

Ce qui arriva ici, me rappela directement Alicia, sans pour autant finir aussi mal. Le chemin de la vengeance mène-il vers la rédemption finale ? Peut-on un jour finir bien ? Allez savoir. Tout ce que je sais, c'est que ça fais mal. C'est un autre genre de douleur fantôme, encore et toujours. La répétition unique des relations. Nous étions des êtres imparfaits, et c'était un bel exemple à ne pas suivre. Mais je pensais que ce qu'on faisais était bien, qu'on faisait ce qu'il fallait être fait. Un mal nécessaire. Je n'ai rien fait qui mérite une telle punition, je ne suis pas comme tout ces salauds, putain. Pourquoi. Pourquoi autant de malchance ? Le monde me le paierai. Au centuple. Cependant...

Je me demande comment je vais finir. Mal, sans doute.



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Titre de l'histoire inspiré par la chanson de We are Harlot : "Denial".

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MessageSujet: Re: Finir mal.   Dim 27 Sep - 7:38

Finir mal.
Chapitre 2: Isolation


Le monde extérieur ne m'intéressais guère, et j'en avais marre de voir tout ce peuple baignant dans leurs bonheur naïf et vide de sens. Pourquoi eux, et pas moi. Qu'avais-je fait pour mériter cette situation ? Bah, ça n'avais pas d'importance de toutes façons. Je m'enlisait dans cette isolation enivrante de négativité, et mes potes, pour éviter que je rechute psychologiquement, me forçait à sortir. Les mois passèrent rapidement, tandis que j'n'avançais point. Alors je me noyais dans mon personnage de pseudo-leader, une autre forme d'isolation en somme.

On continuait à chasser de manière virulente tout ces enfoirés impunis, parce que ça nous faisait du bien, et nous donnait une réelle place dans ce monde ou nous n'en avons pas, surtout moi, actuellement. Parfois ça partais en couilles, parfois tout se déroulait sans accroc. On essayait généralement de les coincer légalement, mais comme avec le père de Mathilda, parfois, on était obligé d'agir violemment. Les sacrifices sont nécessaires, et c'est la voie qu'on avait choisi, je pense.

Alors pourquoi ça fais mal. On était posé dans un parc, entre potes. Eux était joyeux, rigolait, faisait les cons. Et moi je me sentais seul, isolé, malgré leurs présence. Kim s'asseyait à coté de moi et me regardait droit dans les yeux.

"Comment tu t'sens ?"
me dit-elle, l’inquiétude dans sa voix.

"Bien."
lui répondis-je, mentant volontairement pour éviter une discussion que je ne voulais pas avoir.

"Tu sais, je te connais depuis longtemps. Tu es un de mes meilleurs amis, et tu m'as beaucoup aidé avec le décès de ma sœur. Tu sais, je peux te rendre la pareille." finissa-elle de dire en se rapprochant peu à peu de moi.

"Je. Vais. Bien."

"Arrête de mentir, ici, c'est moi qui te connais mieux que quiconque."

"Et ?"

"Je vois donc que tu vas mal."

Je soupirai. C'était gentil de sa part, mais j'étais bien comme j'étais. Un loup solitaire isolé.

"Mh..."

"Putain, c'est toi qui disait qu'il fallait sourire en n'importe quelle putain de circonstance, et te voila, dans ton coin, seul, et tu parles même pas !"

"Mh..."

"Mais tu vas arrêter ?!"

"Mh..."

"Tu sais, si tu continues je vais mettre ma main dans ton calbut."

"Mh... Attend quoi ?"

"Ah ! Enfin une réponse évoluée !"


"Bah attend, t'as vu ce que tu me dis ?"

"Donc, dès que ça parle de ta bite, t'es prêt à ouvrir ta gueule. Un vrai queutard putain."


"Oh... Si peu."

Elle réussit à me décrocher un sourire cette conne, tandis qu'elle était morte de rire.
C'est drôle quand on y pense, on se rend compte de ce qu'on a depuis toujours à nos cotés, soit quand elles sont parties, soit quand on a eu une disparition de quelque chose qui nous était le plus chère. Et c'est ce que je ressentais à l'heure actuelle. Je savais qu'elle était belle, mais ma perception de sa beauté était bien différente à l'heure actuelle. Son débardeur noir mettais bien en valeur sa douce poitrine, tandis que son collier se baladait d'une manière érotique entre les deux, et ses cheveux s'envolait et brillaient d'une lumière rouge due aux phares de nos motos. La lueur rouge sans ses yeux était étrange, mais c'était plaisant. La couleur rouge m'évoquait une émotion aussi plaisante que négative, et ça faisais chier autant que ça me rendait content.

"Tu vois, là, t'es perdu dans tes pensées." me dit-elle

"Oh, ta gueule." répondis-je à la connasse qui m'avait percé à jour.

"Quand je te dis que je te connais par cœur, c'est pas un mensonge."

"Je sais. J'me demande, Kim. Pourquoi est-ce que tu restes toujours à mes cotés à t'occuper de moi quand ça va pas ?"

"Tu sais pas ?"

"Je sais pas non, d'où ma question."

"Bah c'est simple."

"En quoi c'est simple ?"

"... Faut vraiment tout t'expliquer, tu sais ?" soupira-elle avant de continuer, "C'est parce que tu es mon meilleur ami, et que je t'aime."

"Tu veux dire que..."

"Oui, c'est exactement ce que tu penses."

"Alors pourquoi tu ne m'as jamais rien dit ?"


C'est pas que je m'en était jamais douté, et que les signes n'était pas clairs, c'est juste que c'est bien différent une fois qu'on est sur à 100% de l'information.

"Bah... Alicia était ma meilleure amie aussi, et je voulais vous voir heureux tout les deux, c'est tout..."

Bordel de merde, elle était vraiment une personne formidable. Une vraie nana en or massif, putain. Quand je baignais dans mon bonheur nauséabond, elle prenais sur elle-même tout en restant dans son malheur, sans jamais rien montrer. Je ne pût résister à ma pulsion, et je la pris dans mes bras.

"Bah... pourquoi tu fais ça, d'un coup ?" me dit-elle, surprise.

"Je me rend juste compte de l'imbécile que j'ai été, c'est tout."

Une déconnexion narcissique de la réalité se fit sentir. Plus de cerveau branché, plus de pensées instables, juste des pulsions. On s'embrassait, d'un coup, comme ça. Parce qu'on en avait envie, tout simplement. Et nos hormones nous simulait une douce illusion candide de bonheur éphémère, et on s'en contentais. On sautait sur l'occasion de se sauter dessus. Je voyais des larmes coulés le long de ses joues éclairés par nos phares, effaçant légèrement le dessin qu'elle avait fait avec son maquillage sur son visage lorsque je passai mes doigts pour effacer cette eau salée.

"Pourquoi tu pleures ?"
lui dis-je.

"Parce que je suis heureuse et que j’attends ça depuis des années, je pense."

Je montais sur mon destrier, ma petite Kawazaki Z-2, tandis qu'elle déposais ses jolies hanches derrière moi, et nous étions partis pour une courte balade dans la ville, jusqu'au QG. Sa tête coller sur mon dos, elle devait sans doute sentir mon cœur qui battait à cent à l'heure en osmose avec le vrombissement de la bécane. Ses bras autour de mon ventre, comme si elle était ma ceinture de sécurité. Vitesse lumière, et nous étions déjà arrivé. Nous rentrions à l'intérieur pour s'embrasser langoureusement. Elle avait vraiment des lèvres pulpeuses, le genre de lèvres qui marquent et qu'on oublie pas. Définitivement. Indubitablement.

Elle m'allongeais sur un des pieu qu'on avait installés au cas où, et on avait bien fait semblerait-il. J'étais la moto sur le coup, vu comment elle me chevauchais. Ses cheveux suivait l'étreinte de la demoiselle en m'enveloppant le visage tandis qu'elle jouais avec mes lèvres en les mordillant, finissant par choper ma langue et la sucer doucement, son regard plongé dans le miens. Dire l'évidence est parfois contre-productive, mais là, sur le coup, il est nécessaire de dire que j'avais une érection infernale, et elle ne se retint pas de choper mon paquet fermement.

"Je t'ai jamais vu comme ça." dis-je

"Il y as beaucoup de choses que tu n'as jamais vu pour ce qu'elles sont." répondit-elle dans un soupir de gémissement, le sourire aux lèvres tandis qu'elle commençais à ouvrir ma fermeture éclair.

"Qu'est-ce que tu fous ?"

"Ce qu'on as envie de faire... Non ?"

"Ouais mais..."


"Il n'y as pas de mais. On est responsable de nos actes, et là, il n'y as rien de mal dans ce qu'on fait. Je te connais bien, tu me connais bien... Et tu n'es plus en couple. Tu ne fais rien de mal. Et t'inquiètes pas pour moi... Je... ça me plaît."

Je restais sans voix et me laissait faire tandis qu'elle embrassait mon torse en descendant pour atteindre ma queue qui se dressait vers le ciel tel la fusée du destin fornicateur. Le sexe est une danse qu'on connaît bien, malgré le fait que ce soit toujours plus ou moins la même chose, même si parfois une once de folie s'installe. Les comptes du sexe ordinairement bizarre devrait-être ma prochaine histoire. Ses magnifiques lèvres supérieures enveloppèrent mon excroissance de chair, tel des coussins de plaisir doux. Sa peau blanchâtre m'évoquait Alicia, malheureusement. Que j'essayais de virer de mon esprit. Tout s'enchaîna comme vous le pensez, un coït, des gémissements, des "je t'aime" susurrer doucement au coin de l'oreille, et des râles orgasmiques. On était allongés, à poil, elle était collé à moi, et j'avais la vision de mon fantôme toujours en tête. Parfois même quand je regardais Kim, qui s'était endormie. Je me levais, me mit le minimum syndical à savoir le calbut et l'pantalon, puis m'allumais-je une douce clope pour profiter de la dépression post-orgasmique qui faisait un tag-team avec la dépression du deuil.

"Kim, Kim, Kim..." me répétais-je doucement.

J'aimerai bien sortir avec, mais je ne peux pas. Pourquoi, tu m'dis ? C'est bien simple. Comme cette cigarette blanche que je fume, je nuirai à cette magnifique créature, car je suis toxique. Corrosif. Je m'en rend compte à présent. Elle à toujours été là pour moi, c'est une nana géniale, pure même. Et elle n'irai pas avec quelqu'un comme moi. Elle finirai brisée, blessée, abattus de déception. Je dois m'isoler de ce monde extérieur qui m'injecte tant de négativité dans les veines de ma vie, avant que cette même-négativité n'explose de colère bouillonnante. Elle ne pourra donc pas me suivre dans cette voie. La voie que seul la nouvelle personne que je suis peut emprunter.

Que suis-je, me dit-tu ?

C'est simple, pourtant.

C'est même drôle... Quand on y pense.

Car c'est ce que j'ai toujours été, au fond de moi.

Et je le fais sortir.

Sans états d'âme.

Sans remords.

Sans barrières.

Ni frontières.

Je suis déjà un démon.

Code by Dev Nerd Girl
Titre de l'histoire inspiré par la chanson d'Alter Bridge : "Isolation".

~~~~~~~~~~~~

"La cigarette posée sur mes lèvres, une petite mort à chaque bouffée de tabac incandescent."


Dernière édition par Derek Leonheart le Dim 27 Sep - 15:10, édité 1 fois
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Cancre

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MessageSujet: Re: Finir mal.   Dim 27 Sep - 14:06

Finir mal.
Chapitre 3: Anger


Mark Twain a écrit:
La colère est un acide qui fait bien plus de ravages au récipient qui le contient qu’à tout ce sur quoi vous pourriez le verser.


Je marchais lentement pour arriver au premier étage, afin de pouvoir voir toute la bande réunie dans le hall du QG. Max, Vince, Mat et Kim était déjà là, je m'avançais vers la rambarde.

"Midnight Crows. Quand nous avons crée cette bande, c'était dans le but qu'aucune personne ne soit laissé pour compte. Chaque membre ici à été laissé pour compte, que ce soit par cette société, notre famille, où nos "amis". Cette bande est votre vraie famille, celle qui ne vous laissera jamais tomber. Nous vous avons donner une raison d'être. Vous avez trouver l'endroit ou vous pouvez être vous même sans être mis de coté. Vos problèmes sont le notre." commençais-je à dire à la totalité de la bande, buvant mes paroles, "Nous avons cependant un problème. La criminalité ne cesse d'augmenter, et la police ne fais rien. C'est pareil pour les gens qui sont marginalisés. Il y a de plus en plus de brutes tyrannisant les plus faible. Et nous avons des rivaux. Des personnes s'accaparant notre but, notre message, notre raison d'être pour s'amuser à faire du mal autour d'eux. Nous ne pouvons laisser passer ça. C'est pourquoi, aujourd'hui... A partir de maintenant... Nous allons nous occuper de tout ça."

Je pris une veste qui était posée prêt de moi pour l'accrocher à la rambarde, mettant le logo à la vue de tous.

"Daylight Raven est leurs nom. Je pense que vous serez d'accord avec moi pour dire que ce nom est une provocation. Ils ont déformés notre message, et transmettent donc le mauvais au grand publique. Il est hors de question de passer pour ce que nous sommes pas. Cette journée marque la fin de leurs amusement futile. Midnight Crows. Préparez-vous !" hurlais-je, la bande gueulant et se dirigeant vers leurs bécanes.

Depuis le décès d'Alicia, un an avait passé. Et je m'étais construit une légende, involontairement avec cette bande. On était connu dans les rues, et quand bien même beaucoup de choses était fausses, on les laissait parler. Comme ça, beaucoup nous craignait et ça limitais les dégâts. J'étais moi-même connu, étant la plupart du temps dans les embrouilles. Il ne me restait plus que ça après tout, et je comptais pas vivre longtemps donc ça m'allait bien. Parfois, même pas besoin de baigner dans le sang, la simple mention de mon prénom et ces connards se pissait dans le froc. Malheureusement, on commençais à avoir des imitateurs. Des mauvais, qui plus est. Ils formait juste une bande pour foutre la merde, zappant complètement notre message. C'était pareil dans ce cas.

"Derek. Apparemment, ils sont nombreux, et sont positionnés dans l'autre parc."
me dit Mat.

"Hm... Merde. Si on y va en masse, aucune chance de faire une attaque surprise et de chopper leurs leader sans qu'ils se barrent. Il faut absolument couper sa tête, afin de la dissoudre. Tu as des informations ?" lui répondis-je

"Ouais. Apparemment, c'est une nana. Et une violente, qui plus est. Elle aurait des tendances anarchiques... C'est tout ce que j'ai réussi à choper sur elle."

"Une nana, hein ? Je vois. Peu importe son sexe, il va falloir s'en occuper."

La clope au bout de mes lèvres, je sortais du QG afin de rejoindre Vince qui briefais la troupe.

"Vince. Je dois y aller en solo." lui dis-je.

"Solo ? Mais t'es barge." me répondit-il

"Le plan risque de foirer si on fonce en masse, vu l'endroit que c'est, on à de grande chances que la leader se barre."

"Vince, je pense que Derek est capable de gérer ça." dit Max.

"Max. Me dit pas que t'es d'accord avec ça... Et si il arrivait quelque chose à Derek ?"

"Aucun risque. On s'approche au maximum du parc, on laisse Derek s'infiltrer à l'intérieur, et une fois qu'il a choper le leader... On interviens."

"Une véritable opération d'infiltration, hein... On est pas des soldats expérimentés, et surtout... On est pas dans un putain de jeux-vidéo."
répondit Vince.

"Peut-être bien, mais on a pas le choix. Et tu sais très bien que je m'y connais bien sur ce genre de tactiques." lui dis-je.

"Ouais mais..."

"T'inquiètes pas. Briefe les, je vais rejoindre les éclaireurs."

Je montais sur ma bécane, en allumant ma clope par la même occaz, et je fonçais dans la ville pour aller vers l'objectif. Comment un message positif d'espoir peut-il être utiliser à des fins négatives ? Aucune idée. Ce qui était sûr par contre, c'est que je n'allais pas laisser cette bande foutre la merde dans mes plans. Arrivé sur place, je pris les informations des éclaireurs et m'aventurait dans ce grand parc. Que je devrais plutôt appeler une forêt au vu des nombreux arbres le peuplant, encore plus vu sa taille mais bon. Officiellement, c'en était un, apparemment. Je grimpais un mur pour en faire mon point d'entrée, c'était la zone la plus sûre du parc pour arriver là ou était leurs chef. Mes pieds se posèrent sur la terre ferme écrasant aux passages des petites branches mortes craquant sous mon poids. Retour à la nature, ce qui collait foutrement bien à ce qui allait se passer. Visu sur deux mecs de la bande adverse, je m'avançais vers eux.

"Excusez-moi, est-ce que vous pourriez m'aider ? Je cherche quelque chose." leurs dis-je.

Ils se regardèrent et se mirent à sourire bêtement. Comme si ils était prêt à profiter de l'occaz pour me sauter dessus et me racketter. All according to plan.

"Ouais, t'as besoin de quoi ?"
le premier me répondis.

Je m'avançais de manière à être suffisamment proche des deux.

"Je voudrais trouver votre leader pour lui faire la peau." dis-je, profitant de leurs surprise pour foutre un direct dans le menton du premier, et un Yoko Geri directement dans le plexus du deuxième. Ils tombèrent comme des feuilles mortes dans cette forêt silencieuse. Je mis ma jambe sur celui qui était encore conscient, sur sa gorge, histoire de lui demander où elle était. Il me montra la direction, puis je finissais le boulot en lui enfonçant mon talon sur le coté de sa mâchoire, claquant sous l'impact. Bande d'amateurs.

Je naviguais rapidement de cachettes en cachettes histoire de rester le plus discret possible, parcourant la zone très rapidement. Heureusement, c'était une bande d'incompétent complètement défoncés, ce qui rendait la chose relativement aisée.
Et là, j'en croyais pas mes yeux. Un bâtiment abandonné, tiens. Beaucoup plus petit que le notre. J'envoyais un SMS directement à Vince pour qu'il agissent d'ici 10 minutes. L'utilisation de portables est fortement déconseillée dans ce genre d'actions, mais suffisait juste d'en utiliser un jetable, pareil pour la carte sim. Comme ça, les poulets nous laisserait tranquille. J'observais la bâtisse pour trouver mon nouveau point d'entrée. Bizarrement, il n'y avait personne. Ce qui m'étonnait, et foutait une atmosphère étrange.

Une fois arrivé à l'intérieur, toujours en avançant discrètement. J'entendais des gens parler dans le hall, je me dirigeais donc vers la source du bruit pour voir de qui il s'agissait. Personne. Le son est en hauteur. Va falloir monter. Quoique... Le son des applaudissements résonnèrent dans le vide, remplissant le bâtiment. Un rire. Puis elle apparue.

"C'est donc toi." me dit-elle.

Elle m'avait vue. Depuis le début sans doute. Se cacher n'était plus une option.

"Ouais. A qui ai-je l'honneur ?"

"Tu peux m’appeler Harley."

Tiens, donc, ça me rappelle quelque chose. Plusieurs même. Mais c'est plus le propos.
Elle était blonde, ses cheveux attachés en longues couettes. Elle avait un maquillage plutôt sombre, noir pour les yeux, rouge pourpre pour la bouche. De nombreuses boucles d'oreilles aussi. Globalement, elle avait un look de punk désabusée, mélangé avec du gothique. Robe rouge pourpre en cuir, qui faisait ressortir sa poitrine cachée par son soutif. C'était sexy. D'autant plus qu'elle avait un visage magnifique, un jolie minois pour un chef de bande ? On en voit tout les jours, mais soit.

"Je ne m'attendais pas à ce que ce soit Derek en personne qui se ramène ici. Quel honneur !"

"En quoi c'est un honneur, meuf ?"

"Tu es quand même celui qui a monté les Midnight Crows."

"Et donc ? D'autant plus que j'étais pas seul."

"Tu es quand même leurs leader."

"Like I give a shit."

"You do. Or you wouldn't be here."


Ok, elle parle anglais. C'est un détail à retenir, mais ça fous quelque peu la merde, sur le coup.

"Donc, ouais. Honneur, machin truc, bordel. Je suis venu ici pour te demander de cesser tes activités. Sinon, j'te démonte."

Elle me rejoignit en bas.

"Mais pourquoi veux-tu qu'on arrête ? C'est pas ce que vous faites, vous ?"

"C'est absolument pas pareil."

"En quoi ? Vous vous occupez de ceux qui sont impunis par cette société capitaliste de merde, vous distribuez une justice nécessaire à ce monde corrompu, tout en sauvant les innocents. Je ne vois pas en quoi c'est différent de nous."

Comment un message peut-il est aussi incompris ? C'est une question intéressante. Le bouche à oreilles et l’interprétation déforment l'idée initiale. Logique, vu le nombre de petits détails pourtant si minuscules sautant à chaque fois qu'elle est de nouveau raconter lors de sa propagation. C'est aussi comme ça qu'on crée des légendes, après tout. Et il semblerait que j'en était devenue une, malgré le fait que j'étais juste un gamin banal, qui savait se battre... Et qui était à la tête d'une bande de 100 personnes, ouais, aussi.

"C'est différent car nous n'optons pas directement pour la violence. Nous jouons quand même dans les règles, même si on en contourne certaines." dis-je

"Je ne vois toujours aucune différence."

"C'est simple. Vous volez, cassez, violez... Vous êtes l'exact opposé de ce que nous sommes."

"On ne fais absolument pas ce dont de quoi tu parles."

"T'es sûre ? Pourtant, c'est les informations qu'on a eu. D'autant plus qu'on vous surveille depuis pas mal de temps. Tu penses peut-être dirigé tes mecs, et faire quelque chose de bien. Mais c'est pas leurs cas."

"... Il nous arrive parfois de casser, peut-être même de voler. Mais violer, ça, jamais. On est des anarchistes, certes, mais on a certains standards."

"Ah ouais ?"

"Ouais..."

"Écoute, je te propose de dissoudre ta bande, et..."

"Non."

"Pourquoi ?"

"Si tu as ta seconde famille, j'ai la mienne. Et je leurs fait confiance."

"Je vois. On doit donc en arriver là."

"Oui. Je... suis déçue. Je pensais qu'on pourrait se faire une entente mais... Tu ne partiras pas, n'est-ce pas ?"

"Non."

"Bien. Voyons comment le gamin se mesure à la légende."


Je m'allumais une clope tandis qu'ils se mettaient autour de moi. Le dialogue n'avait même pas durer quelques minutes que je dois maintenant tenir jusqu'à l'arriver de mes potes. Génial. Première taffe. Six mecs. Quatre plus petits que moi, deux qui sont grand et baraque. Ça va chier.

"Allez-y." dit-elle, après s'être assise pour mieux admirer la scène.

Je fonçais tête baissé face à l'adversité, sabre dans la gorge suivit d'un écrasement de clope sur la gueule pour le premier histoire que sa respiration se bloque en même temps que la douleur lui monte au crâne. Coup de coude dans le menton du deuxième qui tomba dans les vapes directement, suivi d'un mawashigeri dans la mâchoire du troisième qui fît de même. Le quatrième m'en mis une dans la gueule que j'eus le temps de bloquer, ça m'empêcha pas de lui mettre un Mae Geri dans la gueule pour qu'il se ramasse directement. Reste plus que les deux gros maintenant. L'un me fonça dessus et commença à m'enchaîner, je bloquais comme je le pouvais, mais vu sa taille, son âge et sa force, c'était dur de lutter. Deuxième solution, esquiver, taper les genoux, mais il savait se battre, malgré son coté furieux. Mon arcade claqua sous l'impact de ses phalanges s'enfonçant profondément dans mon os, l'ouvrant au passage. Le sol m'acceuillis lors de ma chute. Rire. Se lever.

"T'as des tripes. Beaucoup... Voyons de quoi elles ont l'air." lui dis-je avant de monter rapidement sur un bout de mur, et de sauter vers lui. Vu qu'il s'était avancé, il se pris mon genou directement dans le pif, puis tomba en arrière. Le suivant dans sa chute, je profitais de la gravité pour que mon poing frappe violemment sur sa mâchoire. Je me relevais en foutant mes pieds sur son corps histoire de le faire hurler.

"Suivant." dis-je avant de me retourner vers le dernier, tandis que mon sang commençais à se répandre sur ma gueule.

Il sortis un flingue. Un putain de flingue et le pointais vers moi.

"Sérieusement ? T'emmenes un flingue dans une baston ?"

"Je vais te buter mec. Ça sert à rien de se battre quand on peut appuyer sur une gâchette."

"Vois-tu, mon gros. C'est ça la différence entre les gens intelligent et les animaux. N'importe qui peut presser une gâchette. D'autant plus que tu dis appuyer. T'es sûr que tu sais comment t'servir d'un flingue ?"

Harley s'approcha de lui, une batte en main, et se colla à lui.

"Derek. C'est ça, la différence entre toi et moi." me dit-elle

"Je suis déçu, je pensais que t'avais un peu plus de classe que ça."


Le mec se tourna vers elle et souris, avant de se prendre un gros coup de batte dans la gueule, tombant par terre comme la merde qu'il était.

"Je retire ce que j'ai dit. Ça. C'était classe."


"Désolé de ne pas t'avoir cru... J'arrive pas à croire que ce connard avait un flingue et comptais s'en servir, putain." me répondis-elle en le retapant au sol.

"Voilà la différence entre ma bande et la tienne. Nous ne sommes pas anarchistes, on est comme un microcosme sociétal à nous, si tu veux. Et la règle de base est de se faire confiance mutuellement, ainsi que d'écouter, comprendre."

"Je vois... Je me suis gouré sur toute la ligne semblerait-il. Mais... vaut mieux se dépêcher de se barrer d'ici. Les autres vont pas tarder à débarquer."

"Ça marche."

J'appelais Vince pour lui annoncer la nouvelle, et qu'on vienne nous extraire via le point arrière du parc.

"Derek... Tu vas quand même pas...?" me dit-il.

"On a pas le temps, faut qu'ils soient là dans 2 minutes, tout au plus. On en rediscute après." lui répondis-je.

Harley et moi fuyons à toute vitesse pour rejoindre nos sauveurs. On évitait au maximum son ex-bande, et une fois arrivé vers un bout de la mienne, je me posais avec elle sur une des bécanes pour qu'on se casse en deux-deux. Nous commencions à rouler quand, péripéties oblige, on était poursuivi par ceux qu'on fuyait. Bordel de merde.

"Faut qu'on se sépare, ça va leurs faciliter la tâche sinon."
hurlais-je à l'un des miens.

"Ça marche, boss." me répondit-il en faisant le signe de séparation aux autres motards.

On fonçais à travers la ville, grillant des feux, nous mettant en danger constant juste pour que la course-poursuite se finisse rapidement. L'adrénaline augmentant notre concentration, autant qu'on avait du plaisir, paradoxalement. On avait réussi à en semer quelques-uns, et il n'en restait qu'un dernier qui nous collait vraiment de trop prêt.

"J'm'en occupe." me dit Harley.

"Qu'est-ce que tu vas faire ?" lui répondis-je

"T'inquiètes."

Elle sortis le flingue que l'autre con avait fait tomber. Bordel, mais elle est barge ?

"Harley !"


Elle tira directement dans le p'neu de la bécane adverse, ce qui provoqua un putain de vol plané sur ces deux cons.

"Woo-hooo !" hurla-elle.

"Putain, mais t'es barge ?"

"Je suis sûre que ça t'excites." me dit-elle en enlevant le chargeur

"C'est pas faux, mais là n'est pas la question."


Une fois arrivé au QG, l'ambiance était bizarre, ils nous regardait tous arriver d'en bas. Qu'est-ce qu'il se passait. D'autant plus qu'Harley en profita pour sauter de la moto et glisser le long de la pente que je pouvais pas prendre en moto pour arriver tout en bas.

"Saisissez-la !" hurla Vince.

Les types commencèrent à s'approcher d'elle, tandis qu'elle restait au milieu de tout ça, silencieuse, alors qu'elle se préparait à se défendre, ce que je voyais bien au vu de la position de ses jambes qui était sur la pointe des pieds.

"Vincent." hurla Max, arrivant pour essayer de calmer le jeu en bloquant nos gars, "Elle a sauvé Derek."

"Elle se sauvait, elle-même !" hurla de nouveau Vince, ce coup-ci avec une voix très colérique, haineuse même, "Saisissez-là !"

"Peut-être bien, mais elle l'as quand même fait, et je pense qu'il y a une bonne raison pour que Derek l'ait emmené ici." réponda Max.

"Elle à tirer avec une arme à feu sur ce qui était censé être sa propre famille, et à foutu la merde dans la région en nous émulant ! Hors de question qu'elle reparte comme ça..." dit Vince, la voix devenant de plus en plus haineuse entre ses dents serrées.

"Vince !"

"Enfermez-là." dis-je, enfin arrivé sur place.

"Derek..."
me dit Vince.

"Surveille-là, et discute avec elle. On discutera de tout ça, plus tard." dis-je

"Bien. On y va." dit Max avant de l'emmener à l'intérieur du bâtiment, tandis que je la regardais droit dans les yeux, et qu'elle faisait de même. Elle semblait me faire confiance. J'avais même le flingue entre mes mains, qu'elle avait déchargé. Signe de bonne volonté ? Je tentais le coup.

"Derek... Tu vas regretter ce choix. Cette nana..." me dit Vince avant que je ne le coupe.

"Je sais. C'est une anarchiste." dis-je en soupirant, "De toutes façons, un de ces quatre, on devra probablement s'occuper d'elle. Mais ce n'est pas le moment."

"Tu es sûr ?"

"Quand le temps viendra, si nécessaire, je serai celui qui m'en occupera."

"J'espère que tu ne te trompes pas en faisant confiance à cette nana."

"Le temps nous le dira. Je te l'ai déjà dit. Je m'occuperai d'elle si jamais je me trompe."

"Bien."

Il s'enfonça dans le bâtiment, tandis que je m'allumais une douce cigarette bien méritée.

~~~~~~~~~~~~

Un mois après.

On avait eue de longues discussions à propos d'Harley. Après tout, elle avait fondée une bande d'anarchistes foutant la merde, vendant de la drogue, volant, violent, violeurs, et en plus certains avait des armes. Forcément, on allait pas pouvoir lui faire confiance facilement. Cependant, grâce aux talents de diplomate de Max, ainsi qu'à mon gallon de leader, elle fût acceptée, et ne fût pas tenue comme responsable. Elle avait juste mal compris le message, et avait pris des mauvais éléments, sans savoir ce qui se tramait réellement. Elle avait aussi montrer sa bonne foi, en nous donnant toutes les informations nécessaire pour finir une bonne fois pour toute les Daylight Raven.

Tout fini bien, des fois. On était de retour à une certaine normalité. Et c'était bon. On rigolait, plaisantais, tout en se baladant avec la bande, tranquillement. Je me rapprochais doucement mais sûrement d'Harley, qui me plaisait bien il fallait l'admettre. C'était exactement le type de nana qu'il fallait pour l'homme nouveau que j'étais. Aussi impure que ma personne. Elle était posée sur le toit, et je la rejoignait, la cigarette posée sur mes lèvres, une petite mort à chaque bouffée de tabac incandescent.

"Harley, Harley, Harley." lui dis-je

"Derek, Derek, Derek." me répondit-elle, en riant.

"Alors quoi d'beau ?"

"Rien de bien intéressant, si ce n'est que je suis bien ici, avec vous. Tu sais, ça fais longtemps que j'ai pas vécu avec des gens aussi bien."

"Ah ouais ? Tu sais, ici, t'es à ta place. C'est ta nouvelle famille."

"Je sais, et ça me fais plaisir. Si seulement vous existiez à l'époque."

"Pourquoi donc ?"
questionnais-je

"Je vais être franc avec toi, car je sais que je peux te faire confiance. Puis bon... Les Midnight Crows ont tous vécu quelque chose de malheureux dans leurs vie, hein ? Et puis après tout ce qu'il s'est passé, je pense que c'est bien normal que je te raconte tout ça."

"Shoot." lui dis-je, en lui donnant une clope.

"Merci.", me répondit-elle en l'allumant, "J'étais avec un mec, il y a deux ans. Tu vois, j'ai 17 ans, t'en as 15, donc c'était quand t'avais son âge. Au début, c'était bien, il était cool, sympa, aimant même. Puis il se mit à me battre, à me violer quand j'en avais pas envie même..."

"La tristesse de la banalité du monde actuel, hein ?"

"Ouais..."

"Tu t'en es sortie comment ?"

"... Je l'ai tabassé à mort."

"Oh..."


"Heureusement, j'étais jeune... Puis avec l'enquête, ils ont considérés ça comme légitime défense. J'ai eu de la chance. Mais on aurait pas été obligé d'en arrivé là, si les gens l'aurait remarqué avant. D'autant plus que j'ai du visité de nombreux psys, prendre des médicaments... Et ça n'as jamais rien arrangé."

"Malheureusement, on ne peut compter que sur nous-même à l'heure actuelle."

Elle s'approcha de moi, puis me pris dans ses bras.

"Oui. Tu sais, je t'aime bien."

"Moi aussi."

"Tu voudrais pas passer la nuit avec moi ?"

"Pourquoi pas."


Elle cachait une colère névrosée au fond d'elle, un véritable volcan prêt à péter à la moindre occasion. Entre nous c'était donc explosif. Heureusement, plus souvent durant nos parties de jambes en l'air sauvagement violentes, que dans la vie de tout les jours. Nous finissions par sortir ensemble, sans pour autant le dire à tout le monde. On préférait que ça reste discret, surtout après toutes les emmerdes. On avait beau être une famille, ça n'empêchait pas qu'on était globalement des adolescent avec les hormones complètements pétées, donc fallait mieux éviter un bordel. Le temps passait tandis qu'on voyait les gens passer. Je m'étais posé avec Vince et Max, on discutait, tranquillement, comme des ados normaux en soit.

"Je l'aime bien Kim." dit Vince

"Ah bah, ça, on l'as bien vu que tu l'aimais bien." renchérit Max.

"Comment ça ?"


Je m'allumais une clope avant d'ouvrir ma gueule, tout doucement.

"Bah, t'sais. Vu comment tu la mattes constamment, on se demande comment tu fais pour pas boiter."

"Vous me faites chier."

Max éclata de rire, "On sait."

"Pour ça qu'on est tes potes."
dis-je en tirant une longue taffe blanchâtre.

"Vous pensez qu'elle est dispo ? Elle aime quelqu'un ?"


Silence. Je regardais Max, et il me regardait. Nos regards communiquait. On savait tout les deux que Kim était à fond sur moi, même si j'étais le seul à savoir pour ma nuit avec elle.

"Je sais pas.", nos deux voix se mélangèrent durant cette même phrase simultanée.

Mon regard diriger vers l'horizon, "Quand on parle du loup.", la demoiselle se pointa et se posa à coté de moi.

"Rangez vos bites, les mecs. Une demoiselle est maintenant présente pour remonter le niveau de la conversation."

Fous-rires pour Max et moi, tandis que Vince rougissait en regardant au loin, ses lunettes de soleil plantés sur son pif.

"Nan, sérieux, vous discutez de quoi ?"

"De ton petit cul soyeux."
rétorquais-je.

"Oh... J'espère qu'il te plaît bien."

"Ouais."

Max changea directement le sujet, au vu de la réaction de Vincent après ce court flirt humoristique que j'eus avec la demoiselle, "Kim, t'en penses quoi d'Harley ?"

"Elle est sympa. D'ailleurs, Derek, j'espère que tu gardes ta bite dans ton froc pour une fois."

"Comment ça, pour une fois ?" répondit soudainement Vince, daignant nécessaire d'ouvrir sa gueule dans ce genre de moment, tel un jaloux transi.

Kim rougit, et se tourna vers Vince, voulant détourner le sens de sa précédente phrase: "Je déconne Vince, pas la peine de réagir comme ça. T'es jaloux ?"

"Absolument pas, putain de bonne femme."


Les rires adolescent s’échappèrent encore une fois de nos gorges déployés. Harley se rajouta à la bande... Pour se mettre juste à coté de moi. J'étais entre deux paires de seins, et vu la situation, ça n'allait absolument pas le faire, putain de merde.

"Alors, bande de pédales, ça parle de quoi ?"


"De cul. Principalement."
dis-je.

"Tu sais comment sont les mecs, Harley. Toujours, le cul." renchérit Kim.

"Ouais. Vous avez déjà baisés toi et Derek ?"

Blanc. Silence. Réalisation. Rougissement. Déni.

"Moi et Derek ? Jamais, ça va pas ou quoi. C'est mon meilleur ami. Mon grand frère, ouais." lança, de manière surprise, Kimberly.

"Tant mieux !"
dit-elle, toute joyeuse, en collant sa poitrine sur mon bras.

Oh boy. Pourquoi je sens que ça allait crée des emmerdes sans fins ? Va savoir. Tout ce que je sais, c'est que les nanas me feront courir à ma perte, tôt ou tard.
Je me levais avec Harley, prétextant d'avoir quelque chose d'important à faire. Je l'emmenais dans un coin sombre pour la coller au mur.

"Pourquoi t'es venue balancer ça, toi..."

"Parce que tu es à moi, voyons..."

"Ouais mais..."
commençais-je à répondre avant qu'elle ne me coupe la parole

"Qui c'est celle là, d'abord ? Et pourquoi elle se colle à toi comme ça ?"

"C'est Kimberly. Ma meilleure amie depuis perpette. On est juste très proche."

"Proche comment ?"

"... Je viens de te le dire."

"Proche comme ça ?"


Elle me roula une pelle sauvage, agrippant mes jambes des siennes. Je m'appuyais contre elle, ma main sur ses hanches, l'autre contre le mur.

"Non, ça c'est toi et moi. Seulement, toi et moi. Et bordel, qu'est-ce que j'ai envie de te baiser."

"J'aime quand tu me parles comme ça."

"Tiens donc ?"

"Nous sommes tous des bêtes. Sans exception."

"Peut-être, mais bon, ça m'étonne toujours qu'une nana comme toi aime que je la domine dans ce genre de moments."

"Bah, parfois on change. De positions. Et surtout, je te fais confiance."


Nouvel échange de salive bandant. Ma main sur son sein, ma bite sur sa vulve, suivit de tous ces tâtonnements pénibles et moites de notre acte bestial, mélange violent et doux d'amour et de haine. Bordel, que c'était bon d'être jeune et con. Surtout quand notre copine est à notre image. Elle gémissais de mes coups de reins secs me faisant s'enfoncer dans sa chatte humide, glissant à chaque fois très facilement.
L'illumination représentatif de son excitation se faisait sentir dans ses yeux aussi bleus que le ciel, traversant l'obscurité des miens pour allumer le feu sacrée. Ce que j'aimais le plus quand je la sautais ? A vrai dire, tout. Quand on fait l'amour à une femme, c'est toujours pareil. Elles ont toutes ce petit quelque chose que vous pouvez toucher du bout des doigts, sans pour autant réussir à mettre la main dessus. Un regard brûlant consommatoire d'hormones comme un junkie, un mordillage de lèvres aussi excitant qu'un saut en chute libre, une manière de gémir, ce râle plaintif de plaisir si mélodieux, cette convulsion lorsque le désir part en même temps que le jet jailli violemment tout au fond, accompagnés de coups de reins secs et arrêtés. Pause. Respiration. Et on redeviens des gens civilisés.

~~~~~~~~~~~~~~

"Derek" me dit Vince, "J'ai appris que... Ehem... Ceux qui me tyrannisait à l'époque on été relâché de leurs maisons de correction."

"Et donc ?" répondis-je

"Ils s'en sortent impunis, il faut qu'on s'en occupe, boss."

"Non. Ils ont eût leurs justice, si ils ne recommencent pas, c'est que c'est bon."

"Qui te dit qu'ils ne vont pas recommencer ?!" s'énerva-il "Ce sont des putains d'enfoirés qui s'amusent à taper plus faible qu'eux, et le pire, c'est qu'ils oublient les personnes dont ils détruisent les vies. Il faut qu'on s'en occupe."

"Stop. Si ils recommencent, on s'en occupera. C'est tout. On doit jouer dans les règles."

"Derek. C'est pas pour ça qu'on t'as suivi. C'est justement pour des cas impunis qu'on as formé la bande. Justement car en jouant dans les règles, ils sont impunis."


"Vince... Si ils se sont repentis... Pourquoi veux-tu qu'on les détruise ?"

"Car ce n'est pas une punition égale à leurs délits."

"Qui est-tu pour porter un jugement ainsi ?"

"Une de leurs victimes."

"Je sais bien ça. Ce n'est pas ce que je voulais dire. Tu n'es pas l'autorité suprême."

"Et tu l'es toi ?"

"Il semblerait. Écoute, ça me fais chier autant que toi. Mais si on continue de briser les règles, tout ce qu'on obtiendras... C'est de finir mal."


Il me poussa l'épaule d'un coup sec, et commença à s'éloigner.

"Derek. Tu devrais réfléchir."


Soupir. Clope. Taffe. Vous connaissez la chanson.

~~~~~~~~

Harley et moi étions des réceptacle à colère violente. Dès qu'on devait s'occuper d'un cas qui le demandais, on était les meilleurs. Et quand on était bourré, quel pied. On baisait, on se battais, on fumait, on buvait, on s'envolait... C'était une beauté sordide, malsaine en quelque sorte.

"C'est tellement bon de péter des câbles."

"J'te le fais pas dire."


L'équipe imbattable de la destruction. Un choc sismique, tantrique, une connexion chimique, poétique, le paradoxe de l'humain animal. Problème, elle était ultra jalouse, dès qu'une nana m'approchait ne serait-ce que pour me demander un truc con, genre, du feu, il fallait qu'elle débarque et veuille de suite l'éclater. Je pense qu'elle voulait pas que ça fasse comme avec son connard d'ex. Et je la comprenais, je laissait couler, la pardonnait quand elle était névrosée, l'amour étant hautement neurotoxique pour elle, semblait-il. C'est fou ce qu'un sentiment censé être joyeux provoque autant d'états négatif sur le cerveau humain. Elle pouvait être adorable, comme elle pouvait littéralement tout casser autour d'elle. Je me reconnaissais beaucoup en elle, sans doute pour ça que je l'aimais. Malgré tout, ses crises devenait de plus en plus extrêmes de jours en jours. D'autant plus qu'elle était de l'avis de Vince, j'étais apparemment trop gentil.

On avait dut rentrer en vitesse au QG, pas plus d'informations que ça, mais c'était apparemment urgent. Je débarquais avec elle à l'intérieur, et la bande était furieuse pour je ne sais quelle raison. Je me dirigeais vers Max, pour le questionner.

"Vince à trouver sur le PC de Mat des choses vraiment pas plaisante. Apparemment, il compte nous vendre. On est trop violent, hors de contrôle d'après les dire qu'on peut lire sur son ordinateur." me répondit-il, en me montrant l'ordinateur avec les preuves.

Je m'approchais de Vince et Kim qui était à coté d'un Mat agenouillé et attaché.

"Derek ! T'es là ! S'il te plaît, dis-leurs que j'ai rien fait..."

"Mat... Ton ordinateur prouve le contraire."

"Pourquoi est-ce que je trahirai ma seconde famille ?!"

"C'est à toi de me le dire..."

"Boss, qu'est-ce qu'on fait ?"
me dit Vince

"Je propose de lui éclater le crâne avec ma batte..." dit Harley, en tenant sa batte entre sa poitrine, tout en déposant un bisou dessus. Le stéréotype de la psychopathe, mais ça faisait l'effet escompté.

"Quoi ?! Mais vous n'avez aucune preuve que c'est moi qui ait eu cette discussion sur l'ordinateur !" hurla Mat.

Vince lui foutu un coup dans la gueule, "Tais-toi, sale traître. Tu es le seul à te servir d'un ordinateur au QG."

"Ben voyons... C'est un coup monté, les gars, putain, croyez moi..."


Les gars hurlais, tout autant que Vince, Harley, Mat et Kim.

"Derek !"

"Derek, on lui éclate la tête !"

"Derek..."

"Derek, c'est pas moi !"

"ASSEZ !"
hurlais-je pour que tout le monde se taise.

Je me dirigeais vers Max pour prendre l'ordinateur que j'éclatais au sol. Puis me dirigeais vers Mat pour le détacher.

"Derek..." me dit Vince.

"Matthieu... Tu étais l'un des notres. Ta punition est l'exile, tu ne reviendras plus jamais ici, tu n'es plus un Midnight Crow, et tu ne devras plus jamais parler de nous. C'est compris ?"

"... Oui."

"Bien. Choppez-le, et surtout ne lui faites pas de mal. Escortez-le. Max, surveille tout ça."


Harley passa à coté de moi déçue, Kim quand à elle était triste mais contente de mon choix semblait-il, quand à Vince.

"Derek, tu es trop gentil. C'est un traitre."

"Probablement. Si c'en est un, il subira les conséquences de ses actes avec d'autres gens. Karma, quoi."

Vince parti lui aussi, énervé. Nous observions le départ d'un des membres originaux, qui était maintenant un traitre, un paria. Et ça faisais chier. Cependant, je commençais à me poser des questions. Notre hacker de génie pas capable de camoufler ses traces ? Gimme a break...

~~~~~~~~~~

Je me levais, il était tard, forcément j'avais pas dormi de la nuit, cependant Harley n'était pas à mes cotés, ce qui était bizarre, elle qui d'habitude se baladais à moitié à oualpé dans ma baraque, même si j'étais endormi. Il était 22h, et ma mère était déjà à son travail de nuit, la pauvre. Je décidais de m'faire un café, histoire de pas tarder à rejoindre la bande. C'était ma routine, qui me permettait d'oublier l'autre routine déprimante.

J'allumais le PC, histoire de me noyer dans le flot infini d'informations inutiles que nous donne le net. Et qu'est-ce que ça me fous la rage, on vit dans une époque où l'on as les moyens technologiques pour s'échanger à la vitesse de la lumière des trucs pertinent et on passe notre temps à voir des meme de chats à la con. Qu'est-ce qu'on fous en tant qu'espèce évolué, putain de merde.

Après quelques minutes, je m'habillais, et regardais mon portable. 10 messages depuis 20h. Tiens, donc. Je regardais et les écoutais.

"Derek, putain ramène toi, y'as un problème."

"Derek, merde, déccroche !"

"Derek, c'est la merde."

"Derek, on est..."


Coupure. J'essaye de rappeler. Répondeur. Merde.
Je me dirige vers ma porte. Fermé. Mes clés disparues. Harley ? Putain de merde. Je m'échappe par le fenêtre en essayant de pas me péter une jambe. Ma moto aussi n'est plus là, putain. Ce fut le trajet le plus long et fatiguant de ma vie, bordel.
Qu'est-ce qu'il se passait... Une fois arrivé a coté du QG, du bruit, des gens qui gueule. Du sang. Qu'est-ce que c'est que ce putain de bordel. Je rentrais à l'intérieur, pour voir pas mal de nos gars blessés par terre et... D'autres de nos gars debout avec du sang sur leurs tenues, et c'était pas le leurs. D'ailleurs, leurs tenue était plutôt différente. Vince et Harley était au premier étage, au dessus de tous.

"Vincent !" hurlais-je

Tout le monde se tourna vers moi.

"Ah ! Derek, je savais que tu viendrai." me dit-il. "Juste à temps."

Je vis ceux qui emmerdait Vince à l'époque, à genoux, et bien amochés.

"Qu'est-ce que tu fous, Vince..."

"Ce que tu aurais du faire depuis longtemps."


Kim était a coté de lui, amochée elle aussi, il la tenais dans ses bras, et son mascara avait coulé, surement à cause de larmes.

"Vincent, qu'est-ce que t'as fait à Kim ?"

"Elle est à moi maintenant."

"Ouais, c'est sa pute. Je lui ai bien fait comprendre, comme ça, elle s'approchera plus de toi, et je suis la tienne à jamais." me dit Harley, complètement instable et pétée de la tête, en riant nerveusement.

"Bordel... Vince, arrête ce bordel tout de suite..."


"Derek. Tu as oublié d'où nous venons. Nous étions dirigés par la colère auparavant. Cette douce colère qui nous guide à travers cette vie abjecte. Et ces bâtards ici présent vont goûter à leurs propres médecine."

Je me fis attraper par mes anciens comparses qui bossait maintenant pour lui.

"Ils ne recommenceront plus comme ça." me dit Vince.

"Putain de merde... Vince ! Arrête ça !"

Ils commencèrent à les passer à tabac, et je ne pouvais rien faire. Le sang se versait sous le feu de l'action barbare. Nous étions passer d'hommes à animal. La colère ayant éliminé toute trace d'intellect.

Chaleur.

Colère.

Haine.

Frapper.

Casser.

Tuer.

Détruire.

Coup de tête dans le premier type, coup de coude cassant le nez du deuxième, encore un coup de tête pour le troisième derrière moi, et brisage de doigts suivi d'un coup de genou dans le ventre et le pif pour le dernier.

"Je vais tous vous buter ! Toi, le dernier Vincent !"

Je n'étais plus qu'une bête avec un seul objectif en tête. Vincent.
Je fonçais à travers mes anciens comparses, mes anciens amis, que j'éliminais naturellement, avec instinct, réflexe, sans états-d'âmes ni remords. Tout ceux qui était sur mon passage finirait au sol. Ils avait beau me frapper de toutes part, verser mon sang, me blesser, j'hurlais comme une bête féroce et continuais. Après plus d'une dizaine de minutes de combat acharné, j'arrivais en mauvais état au premier étage.

J'avais l'arcade sourcilière ouverte, les lèvres éclatées à deux endroits différents, le nez ouvert comme un robinet à hémoglobines, des coupures partout. Ma respiration était haletante, essoufflé de tout ce sport barbare. Pour arriver à lui, je devais éliminer les 4 derniers. Nouvel échange de coups. Blessures trop vives, douleur, incapable de progresser convenablement, revoir stratégie, nouvelle stratégie inutile, trop perdu de sang, bras à 50% de leurs capacité, impossible de sortir de la prise, ventre commençant à lâcher sous les coups de poings, impossible de contracter, nouvel impact, respiration coupée en même temps que le sang est projeté de ma bouche, relâché, je tombe au sol, genoux et mains par terre, Harley s'approche de moi avec sa batte.

"Je pensais que tu valais mieux que ça. Finalement, tu n'es qu'un beau parleur. Il à l'étoffe d'un chef, lui. C'est pour ça que la majorité l'as rejoint."

Je ne pouvais pas parler. Le sang coulait le long de ma gorge, pour rejoindre le sol.

"C'était bien nous deux. Mais c'est fini désormais."

Bruits de pas derrière moi. Je jette un coup d’œil. Max, avec des gens. Aucune attaque. Pourquoi ?

"Boss !" cria Max.

Il me passa à coté. Pourquoi ? Pas comprendre. Doit pas se finir comme ça. Mal. Douleur plus plaisante. Seul. Abandon. Colère. Plus d'énergie. Flou. Finir mal.

"On s'est occupé de tout."

"Bien, Max. Il ne reste plus qu'à se débarrasser de lui."
dit Vince, en sortant un couteau de sa poche, en me le jetant devant les yeux.

Connard. Tuer. Colère. Haine. Détruire. Plus d'énergie. Abandon.

"Je te laisse le choix, Derek. Sois tu te finis tout seul, ce qui m'arrangerait je t'avoue. Comme ça je me salis pas les mains, et on est tranquille. Comme ça, je prend ta place, et Midnight Crows deviendra ce qu'elle devait être depuis le début. Ou alors, je laisse le soin à Harley de t'éclater le crâne. J'suis sympa, t'as vu. C'ton amoureuse qui le fera pour toi. Ça reste en famille." finis-il en rigolant.

Main. Prendre. Couteau.

"C'est ça. Maintenant, plonge la lame dans ta carotide.", il s'abaissa pour s'approcher de mon visage, "Laisse moi admirer ça."

"MAINTENANT !" hurla Max

Les gars qu'il avait emmené et lui commencèrent à éclater les sous-fifres de Vince, et je profitais de l'occaz pour foutre directement un coup de couteau sur son visage, ce qui ne toucha que l’œil. C'était une sensation bizarre, mais plaisante. Sentir les nerfs optiques se faire trancher, tandis que le sang pourpre jaillit dans un cri immonde.

"Espèce d'enculé !" hurla Harley, tel la névrosée qu'elle était.

Kim repris cependant ses esprit et la poussa violemment. Elle s'éclata pas loin.

"Derek. Venge-nous."

Je commençais à me lever, me sentant revivre, animé par la colère, la haine et la vengeance.

"Je m'en occupe."

Vince se tenais l’œil et me regardait.
Je toussais du sang, ce qui me fit retoucher le sol un bref instant...

"Viiiiinceeeeeeeeent !" hurlais-je de toute ma voix en me levant, la haine me consument tout en me donnant l'énergie nécessaire pour m'avancer.

"Dereeek !" hurla-il aussi.

"Finissons-en, espèce d'enculé."

"Je vais te pourrir."

"Tu te souviens quand je t'ai dit que je buterai en dernier ? J'ai menti."


Même dans mon état j'étais bien plus fort que lui. Il avait toujours été très faible physiquement, sans doute à cause de son passé de maltraité scolaire. Ses coups me touchèrent sans provoquer quoique ce soit, j'étais littéralement invincible. Tandis que lui, chaque impact de mes coups le fit couiner. La colère, la haine, l'adrénaline, puissance, force, vigueur, casser, broyer, tuer, détruire. Un dans le nez, le son du craquement s'entendant malgré tout dans le chaos ambiant d'une bataille sauvage. Un autre dans le plexus, coupant sa respiration. Je profitais de l'angle mort nouvellement crée par mon coup de couteau pour le taper a chaque fois que je le pouvais dans son œil crever. L'entendre hurler de douleur était jouissif.

Le sang coulait tel le sablier de notre heure finale. Finit de jouer. La lame s'enfonça profondément dans la chair, provoquant le râle de douleur final. Hémoglobine rouge glissant le long du couteau tranchant. Genoux au sol. Silence pour nous.

"C'est fini. Midnight Crows. Toi. Tout."

"Je savais que ça finirai mal. Mais pas à ce point. Pourquoi as-tu fait tout ça ?"

"C'était un mal nécessaire. La colère, la vengeance... Tout ça... Fait parti de moi."

"Alors meurs. Que l'acide de ta haine vengeresse te consume jusqu'au bout."

"On se reverra en enfer."

"J'y compte bien, vieux pote. J'y compte bien."


Essence. Allumette. Feu. Les flammes de l'incendie se baladèrent le long des couloirs infinies ayant l'emprunte de notre vécu. Le feu consuma tout sur son passage, détruisant toute traces de notre passé.
~~~~~~~~~~


Mark Twain a écrit:
La colère est un acide qui fait bien plus de ravages au récipient qui le contient qu’à tout ce sur quoi vous pourriez le verser.


La colère est un sentiment pouvant nous apporter de la force, du courage, l'adrénaline nécessaire pour agir, en contre-partie elle nous consume de l'intérieur, nous ronge jusqu'à ce qu'il ne reste que ça. La haine, la vengeance, la négativité. Tout ça n'est qu'un cercle vicieux n'apportant rien de bon. On ne gagne rien, on perd tout. C'est une Hydre émotionnelle de situation. Coupez une tête, vous vous en retrouvez avec de plus en plus. Un Ouroboros d'auto-destruction futile. Ce n'est pas pour autant que vous ne devez jamais agir, ou même l'utiliser si vous devez vous sortir d'une situation dangereuse. Il ne faut juste pas entrer dans ce chemin tentant de facilité nerveuse. Vous n'en sortirez que blessés, meurtris, détruit.

Croyez-moi, je sais de quoi je parle.



Code by Dev Nerd Girl
Titre de l'histoire inspiré par la chanson d'Assemblage 23 : "Anger".

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"La cigarette posée sur mes lèvres, une petite mort à chaque bouffée de tabac incandescent."
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Cancre

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MessageSujet: Re: Finir mal.   Mar 29 Sep - 10:36

Finir mal.
Chapitre 4: The Bargaining


Aya était sans doute la fille la plus pure que j'ai aimée. Elle était le médicament de ma maladie, les bandages qui pansait mes plaies béantes. Je me demandais cependant si tout était grâce à elle, car après tout, j'avais grandis, j'avais seize ans maintenant, ou si c'était en partie grâce à moi. Quand bien même, elle m'était d'une grande aide, et je ne sais comment elle faisait pour supporter un type comme moi. Elle était mon opposé polaire, ridiculisant l'expression "Qui se ressemble s'assemble". C'est peut-être pour ça qu'on allait bien ensemble. Un véritable diamant, c'te nana. Pure, fragile, magnifique, avec de la valeur. Rare.

Elle possédait une fragilité surprenante, ainsi qu'une compassion phénoménale, ce qui la laissait à la portée de la douleur atroce que notre société actuelle prêche. Si elle était mes bandages, j'étais son bouclier humain, son éponge à négativité blessante.

On s'était rencontré comme ça, par accident. Le vent de la vicissitude de ma vie m'avait emmené vers elle, tandis que ses ailes angéliques l'avait fait graviter dans ma direction. Une heureuse rencontre dans une tempête tumultueusement terrifiante qu'elle fît disparaître d'un coup d'aile, faisant soudainement apparaître les rayons de soleil à travers sa chevelure dorée, m'aveuglant au passage d'une radieuse rencontre inespérée. La lumière pourfendit les ténèbres de ce triste lieu et réveilla cette douce sensation s'étant apparemment endormie durant quelques centaines d'année dans mon cœur cramoisie, forçant mon regard à s'ouvrir à cette nouvelle perception divine.

Elle était ma lumière dans l'obscurité, oui, et son physique magnifique ne pouvait m'évoquer que tout ça. Ses cheveux était aussi brillant que le soleil, la lueur à portée de doigts, ce qui se mariait bien avec le ciel bleu de ses yeux, pouvant être admirer en toute occasion, même lorsque nuages laissait place aux étoiles. Son visage était fin, doté d'une peau aussi douce à la vue qu'au toucher, un petit nez fin aussi beau qu'apaisant, et ses coussins buccaux en forme de cœur, prenant sans cesse une forme boudeuse pour mon plus grand plaisir, m'évoquait l'amour que je retrouvais enfin.

"Tu sais, tu es vraiment le mec le plus gentil avec qui je suis sortie..." me dit-elle.

"Et le plus dépressif, aussi." lui répondis-je, déclenchant un petit rire timide, ainsi qu'une agréable étreinte réconfortante.

Ouais, avec elle c'était le bonheur. Et y'as pas à dire, cette merde m'avait vraiment manqué. S'enliser dans la négativité va bien un tant, mais il faut savoir régler la balance, je pense.

"Aya, depuis que je suis avec toi, je vais de mieux en mieux."

"Je suis heureuse pour toi, mon chéri. Vraiment, ça me rend vraiment heureuse." finissait-elle à peine de dire, que la suite fût une hydratation de ma peau desséchée par le bleu coulant de ses yeux.

Le cliché parmi les clichés, mais il faut admettre que parfois ça a du bon, surtout quand on revient à ces vieux visages favoris. Son physique m'évoquait le type de nana que je recherchait lors de ma jeunesse, que j'avais enfouie involontairement dans ma mémoire lors de ma rencontre avec mon fantôme de toujours, Alicia.

Mais avec l'expérience que j'avais, je me demandais vraiment si cette fois ça allait duré. Lorsqu'on s'entiche d'une personne, qu'on met tout ses espoirs dans un futur si proche que l'ont peut mettre la main dessus, une seule erreur et tout peut se finir. Mal, par ailleurs.

"Tu penses que nous deux, ça va durer ?" lui dis-je.

"Je sais pas. Je pense. Pourquoi ?" me répondit-elle, yeux dans les yeux.

"... Je sais pas, non plus. J'ai juste peur de te perdre c'est tout."

La peur de l'échec, mélangé aux espoirs, le cocktail du désespoir de la défaite cuisante. Lorsque le doute s'installe, c'est l'enchainement des erreurs stupides. Futiles. Cupides. On essaye de se protéger, on maquille nos peurs, nos faiblesses, nos insécurités sous une grosse couche d'humour, d'auto-dérision futile, d'ironie dédramatisante, sous l'emprise de l'angoisse des futurs blessures qui n'existerait pas sans nos actions erronées. Un véritable paradoxe ontologique. Dans une relation amoureuse, l'important est la communication, et malheureusement, la communication, c'est s'oublier un peu pour être avec l'autre. C'est s'ouvrir au monde, arrêter d'être avec soi-même. Notre civilisation dans cette société actuelle demande l'oubli de soi, la transformation de soi, car il faut penser aux autres, leurs sensibilités, leurs culture, leurs différences. Nous ne sommes plus nous-même, nous changeons, devenons une autre personne n'étant pas dirigée par des émotions primaires. Et la peur augmente. Peur de décevoir, les autres, ceux qu'on aime, se répercutant automatiquement en cas d'échec sur nous-même. Être déçu de soi. Et ils disent qu'ils nous aiment, alors qu'au final ils n'aiment que l'image qu'on projette pour paraître normal. Eux, est-ce qu'ils projettent une image aussi ? Est-ce seulement sur eux-même ? Est-ce qu'ils n'aiment pas plutôt la personne qu'ils pensent voir en moi ?

Sous le masque, un paquet de nerf d'émotions brutes, une masse incohérente de sentiments violents, joyeux, colériques, haineux, pervers, tristes. La réalité est subjective, chaque point de vue n'est qu'une interprétation de la réalité, notre propre réalité.
Suis-je même ce que je pense être ? Mes proches connaissent-ils mon vrai visage ? Seraient-ils déçus si ils savaient ? Je devrais peut-être l'enlever, montrer qui je suis réellement ?

Puis on a peur de l'avenir, de ce qu'elle va nous apporter. Bonheur éphémère, guerre, chômage, solitude, échec, échec, échec, échec. Brouillard d'effroi temporel. Déception. Déçu de ne pas être ce que l'on devrait être, dans les yeux des autres. Nos amis, nos parents, notre amoureux. On cogite, on se répète sans cesse, on réfléchis, on se triture le crâne. Pour avancer. Progresser. Changer, dans le pire des cas.
Suis-je un homme bon ? Une bonne personne ? Suis-je un bon copain ? Suis-je un bon fils ? Vais-je apporter quelque chose à ce monde ? Pourquoi ce que j'ai écris durement, avec toute mon âme ne me rapporte pas ce que j'espère ? Pourquoi personne ne reconnais mon travail ? Pourquoi personne n'analyse ce que j'ai pensé difficilement, alors que des travaux simple sont sûr-analysés ? Pourquoi tout le monde dit que j'fais rien ? Pourquoi tout le monde s'en fous ?
Je crois que j'sers à rien. Je suis inutile. Pourquoi j'existe ? C'est quoi mon but dans la vie, finalement ?

Puis on se cherche des excuses, des explications, des justifications. "C'est pas moi, c'est juste que.", "J'y peux rien, je suis fatigué et.", "Bah, j'ai trop bossé, donc du coup j'ai pas pu.", "C'est juste que j'ai pas eu le temps, donc." etc. Et puis on fuis. Loin. On oublie. On recommence. Ouroboros. Et quand on va bien, on a peur de la tristesse de la dépression. Qu'elle revienne. Qu'elle reste. Qu'elle parte. Car on finit par s'y habituer à ce parasite émotionnel qui vit avec nous à chaque heures, minutes, secondes de chaque jour, semaine, mois, année.

Et on s'enivre de cette douce négativité, de ces tâtonnements mentaux qui nous empêche de nous entendre penser. On souffre, on panique, on pleure, la douleur devient de plus en plus vive à chaque pensée, et on se sent vivre. J'me sens dans mon élément quand je suis dans ce néant sombre de pensées ténébreuses, quand cette brume apocalyptique, cette déconstruction de mon existence me prend dans l'étreinte de la désolation addictive, celle qui m'emmène au dernier niveau.

On arrive enfin au point culminant, l'orgasme libérateur nous amenant à notre rédemption finale. Le chagrin nous déchire, l'amertume nous blesse, et le deuil du dernier jour du reste de notre vie nous permet de nous élancer dans cette épreuve sans peine, le tiraillement tourmenteur de la brûlure tortueuse désormais absent, on ouvre les bras pour aller en enfer.

"Je suis là, tout va bien." me dit-elle

Retour à la réalité, recalé à l'entrée des portes du jugement dernier. Ses bras autour de ma tête, mon visage enfouie dans sa poitrine, ma respiration se calme, mon cœur retourne à sa vitesse normale.

Mourir, inutile, échec, peur, crever, recommencer, se rater, perdre, échouer, se tuer, sauter, pourquoi, non, souffrir, pathétique, meurs, meurs, meurs, meurs, meurs, meursmeursmeursmeursmeursmeursmeursmeursmeursmeursmeursmeurs
meursmeursmeursmeursmeursmeursmeursmeursmeursmeursmeursmeurs
meursmeursmeursmeursmeursmeursmeursmeursmeursmeursmeursmeurs
meursmeursmeursmeursmeursmeursmeursmeursmeursmeursmeursmeurs

Elle.

Calme.

Elle.

Toujours.

Elle.

Le sommeil fût léger, lesté de toutes ces pulsions morbides, ces répétitions pathétiques d'un être en perdition. Et elle restait là, à mes cotés, à s'occuper de moi. Calmement. Patiemment. Doucement. Et je l'aimais encore plus que n'importe qui d'autre sur cette planète.

~~~~~~~~~~~~

"Désolé pour hier." lui dis-je.

"Quoi donc ?" me répondit-elle, le sourire aux lèvres.

"Tu sais bien... ça."

"Je ne vois pas de quoi tu parles."

"Ma crise."

Soupire. "C'est rien. Tu finiras par aller mieux, ne t'inquiètes pas. Compte sur moi."

Son sourire enchanta ma journée, comme si elle m'avait jeté un sort me protégeant de n'importe quelle pensée négative de pénétrer mon faible esprit de dépressif. C'était vraiment une fille formidable cet Aya. Une fille comme on en fait pas deux.

Les mois passèrent, lentement mais sûrement. Notre relation durait, elle était toujours là pour moi, les moments agréables aussi étaient toujours de la partie, suivi de très prêt par les engueulades, les portes qui claquent, les poings dans les murs.

"Vas-y, Derek. C'est simple, tu vises la carotide et tu t'envoles."
me dit-il.

"Non." lui répondis-je fermement.

Son sourire déformé s'inversant en un instant, ses paroles se projetant directement dans mon esprit, il s'exprima ainsi: "Pourquoi continues-tu de supporter tout ça ?"

Je souriais, légèrement, face à ma propre adversité: "Car ça vaut le coup."

"En es-tu sûr ?"

"Je crois bien, ouais."

"Mais tu finiras par être déçu, blessé, et..."

Ses paroles n'eurent le temps de m'atteindre.

"On verra bien. Je lis pas l'avenir, mais je vais construire celui que je veux par ma propre volonté. Je n'ai plus besoin de toi. Dégage de mon esprit."


Je la rejoignait dans la nuit noire. Elle était sortie, et je ne la trouvais pas. L’inquiétude m'envahis. Je cours partout, mon regard se dirigeant tout autour de moi tandis que ma respiration était haletante. Il suffisait que je n’aperçoive simplement que sa silhouette, que j'entendre simplement un murmure de sa voix divine, pour qu'elle chasse encore une fois cette négativité grandissante. Où es-tu ? Est-ce que tu vas bien, bon sang ? Aya ? Aya ?! Aya !

Deux mecs, elle contre le mur. Ils discutent. Mes pas ralentissent. Mes poings se serrent. J'avance doucement.

"Aya ?" dis-je.

"Derek..." me répondit-elle.

"C'est qui lui ?" dis le premier énergumène, "Tu vois pas qu'on discute avec la demoiselle", enchaîna le deuxième.

"Aya, rentre avec moi."

Elle ne bougeais pas. L'un des deux s'approcha de moi, et me regarda droit dans les yeux.

"Tu vois pas que la demoiselle veut pas te parler ? Elle à accepté de discuter avec nous. Casse-toi."

Poing. Gueule. Impact. Plexus. Second impact. Gorge. Troisième coup. Il tomba au sol.

"Dégagez. De. Ma. Nana." dis-je, les dents serrées.

Blocage. Craquement. Hurlement. Genou. Nez. Sol. Râle. Sol.
Aya. Bras. Main. Tirer. Courir. Porte.

"Derek..."

"Putain de bonne femme de merde ! Aya, qu'est-ce qui te prend ? Quand des types chelous t'approchent, refuse simplement, écarte toi d'eux ! Si tu continues d'agir avec compassion, gentillesse, avec des connards comme ça, tu finiras par te faire bouffer ! T'aurais fait quoi si j'étais pas là, merde ?"
dis-je, ma voix se multipliant dans l'étendue de la jungle bétonnée.

Silence. Clés. Appartement. Lumière. Regard fuyant. Lit. Mur. Tristesse.

~~~~~~~~

La routine se réinstalla encore une fois, comme à son habitude. Les engueulades se multipliait.

"J'en peux plus, Derek."

"De quoi t'en peux plus ?"

"Tu m'avais dit que tu changerai. Et tu ne fais qu'aller de pire en pire... Je... je peux pas."


"Comment ça tu peux pas ? Tu peux pas quoi ?"

"Je peux pas rester avec toi... ça... ça me..."

"C'est pas toi qui m'avait dit que tu m'aiderais à m'en sortir ? J'ai besoin de toi, Aya !"

"Mais tu comprend pas, ça me fais mal, putain ! Je souffre rien que de te voir comme ça chaque jour !"

"... Aya."

"J'en ai marre." me dit-elle, les larmes aux yeux, coulant le long de son magnifique visage, "J'en ai marre. Marre, marre, marre !"

"Putain !" hurlais-je d'un coup en enfonçant mon poing dans le mur, "J'me casse."

Je pris mes clopes, et sortais d'son appart. Elle avait déjà tout, cette nana. La beauté, l'intelligence, le boulot, l'appart', son indépendance... Alors que moi, j'avais rien. Le seul truc qui me restait était ma colère bouillonnante. Si vous pensiez que j'étais pathétique dans cette discussion, je n'ose imaginer votre réaction lorsque je vais continuer ce paragraphe. Je suis tellement lâche, que j'avais besoin de me faire du mal pour aller mieux. J'ai tellement peur, surtout depuis ma première tentative, que me suicider était un non-non. Autant faire un suicide par proxy, crever dans le feu du combat, avec l'adrénaline me faisant carburer jusqu'à mon dernier souffle.

Direction les quartiers chauds. Là ou j'étais sûr d'en finir une bonne fois pour toute avec ma sale personne.

~~~~~~~~

La nuit était déjà quelque peu entamée. J'avais mal, j'étais rampant, mon corps ressemblait a un drapeau français macabre. Je me collais au mur, essayant péniblement de monter les marches de l'escalier menant vers son appartement. Il faisait noir, et mes yeux avait encore plus de mal à se concentrer au vu des chocs qu'ils avait pris, mais j'y arrivais finalement. Je sonnais, en attendant qu'elle ouvre. Si je devais claquer maintenant, peu importe la manière, j'aimerai, égoïstement, voir son visage une dernière fois.

"Derek...?" me dit-elle.

"Ouais..."


"Qu'est-ce que t'as fait encore...", son regard était triste lorsqu'elle prononça cette phrase. Elle me fit directement rentrer à l'intérieur, et commença à s'occuper de moi. Comme elle le faisait toujours.

"Tu as vu dans quel état tu te met..."

"J'ai pas fait exprès."


"Ben voyons."

"J'ai pas réfléchis rationnellement. Je n'étais qu'un paquet d'émotions vives."

"Quand je t'ai connu au début... T'étais rationnel au possible. Un peu trop même."

"L'amour, ça change un mec. Pour le meilleur et pour le pire."

"Là, je te retrouve avec ton cynisme."

"Donc ça veut dire qu'on est toujours ensemble ?"

"Derek... Je t'ai dit que je pouvais plus..."


"Aya." dis-je, en me retournant pour la regarder dans les yeux, "J'te promet que j'vais changer. J'te le jure."

"Tu m'as déjà dit ça plusieurs fois..."

"Cette fois, c'est la bonne !"


Elle soupira.

"Fais-moi confiance."


Larmes.

"Aya..."

Étreinte. Baiser. Réconciliation dans les draps. Bonheur.

~~~~~~~~~~

La répétition était telle que j'avais l'impression d'être dans un jour sans fin. Le cycle fût brisé, cependant, par une situation nouvelle. Elle n'était nulle part. J'avais beau cherché partout. Introuvable. Portable sonne sur messagerie. Qu'est-ce que c'est que ce putain de bordel ? Le tourment interne revenait petit-à-petit sans mon infirmière attitrée, le stress de la situation n'aidant pas. Elle devrait être là, elle est toujours là à cette heure-là. Sur la table, une note. J'espère que c'est pas ce que je pense...

"Derek. Il est temps que nous nous rencontrions."

Aucune signature. Une adresse. Putain de merde, qu'est-ce que c'est que ce bordel.

~~~~~~

Je me préparait au pire. J'avais appeler ce qu'il restait de la bande, en leurs partageant mes craintes. J'allais y aller seul, tandis qu'eux, seraient en back-up au cas où si ça vire au vinaigre, sait-on jamais.

Une fois arrivé sur les yeux, j'allumais une cigarette pour calmer mes tremblements dues aux stress. Pff, à qui je ment en disant que je n'ai pas peur ? J'ai peur. Je stress. Je tremble. Je suis un trouillard. J'aimerai fuir. Mais je ne le fais plus.

Poussant les grandes portes métalliques, je m'enfonçais dans la gueule du loup. Je parcourais les couloirs, suivant les flèches peintes sur le mur, révélant une atmosphère psychotique jouant nerveusement sur ma perception, puis j'arrivais au final.

Elle était au milieu, sur une chaise, attachée.

"Derek... Vas-t'en."

"T'inquiètes, Aya. Tout va bien se passer."

Je m'approchais doucement d'elle, puis l'étau se ferma sur moi-même en l'image des portes closes derrière ma personne. Deux types. Puis des autres. Encore. Beaucoup. Costumes. Chelous.

"Je ne pensais pas que tu viendrai."

Mon sang ne fît qu'un tour dans mes veines, les poils se dressèrent derrière ma nuque, l'effroi et la crainte m'envahirent, une véritable allégorie d'une apocalypse ancestrale transmise par des gênes maudits.

"Donc, tu es mon fils."

"Quoi ?"

"Ta mère ne t'as jamais parlé de moi ?"


Grognements de ma part.

"Allons, ce n'est pas des manières d’accueillir son vieux père, surtout lorsque c'est notre première rencontre."

Sourire. Adrénaline. Colère. Masque. Retour aux vieilles habitudes.

"Tu sais vraiment comment faire une fête, p'pa. Pas d'bouffe, pas d'boissons, et la seule nana est ma copine, attachée. T'as l'sens de l'humour."

"Oh, vraiment désolé mon chère fils. J'étais tellement en colère de te voir que je n'ai pas eu le temps de faire toutes les préparations pour... ta fête."

"Donc... C'est ce qu'on appelle une réunion d'famille réconfortante, hein ?"


"Oui."

"Bon, et bien... Pourquoi ne viendrais-tu pas faire un bisou à ton fils ?"

Il commença à s'approcher de moi.

"Ou bien préférerait-tu un bisou de...", dis-je en sortant un flingue, "Ceci ?"

Tension. Les sous-fifres commencèrent à s'exciter, en mettant la main sous leurs vestes.

"Allons, tu ne vas pas tirer sur ton père ? On a tellement de choses à rattraper. Ta mère... nous à tenu séparés depuis si longtemps."

Je m'approchais d'Aya pour la détacher rapidement. Il calma ses gardes du corps.

"Je m'en bat les couilles. Si tu voulais me parler, t'avais qu'à demander. Pas la peine de la mêler Aya à tout ce merdier."

"Je n'avais pas le choix. Si je t'avais demandé, serait-tu venu de toi-même ?"

"Va savoir."

"Et bien voilà. C'était difficile de te retrouver. Je voudrais que tu viennes avec moi, histoire qu'on rattrape le temps perdu."

"Non. Tu vas nous laisser partir."

"Allons... Tu penses vraiment être en situation de force ?"

"J'te propose un marché. Tu me laisses partir avec elle, et on se reverra. Donc, demande à tes chiens-chiens d'ouvrir la porte ou j'ouvre le feu."

"Tu veux marchandé ?"

"C'est ça, ou une balle entre les deux yeux. Au choix, vieux."

"... Très bien. Si tu veux que ça se passe ainsi. Sache juste que tu ne pourras pas fuir éternellement. Notre prochaine rencontre est inévitable."


Ils exécutèrent, et je sortais de la bâtisse avec Aya en les tenant en joue. Une fois dehors, nos bécanes nous emmenèrent le plus loin possible. Je déposais la demoiselle qui était sous le choc, chez elle.

"Aya... Tu vas bien ? Désolé que tu ais du participer à ça, je pensais pas que ça arriverait un jour."

"C'était ton père ?"

"Ouais. Et tu sais très bien que... je le connais pas. C'est ma première rencontre avec lui."

"Et tu l'as menacé avec un flingue ?!"

"Je reconnais bien la nana pleine de compassion, de gentilesse et de compréhension dont je suis tombé amoureux. Non, c'est un faux."
dis-je en lui donnant.

"Effectivement." répondis-elle, en reniflant ses larmes.

"Jamais je les aurait laissé te faire du mal. Je t'aime trop pour ça."

"Moi-aussi. On va faire un tour ?"

"Euh... Si tu veux..."

On se dirigeais vers la porte, et une fois que j'eus dépasser le pas, elle la ferma à clé.

"Aya ?"

"Désolé, Derek, c'est pas de ta faute sur ce coup... Mais... mais... j'en peux plus... J'en peux plus..." dit-elle, et tombant doucement sur la porte, en pleurant énormément.

"Aya..."

"Je t'aime, Derek. Mais je peux pas rester avec toi. Je supporte pas."

Je plaçais une sèche sur mes lèvres pour absorber le feu de poison dans mes poumons noirs.

"Désolé Aya. Je t'aime aussi, et jamais je ne t'oublierai ma belle. Ai une belle et longue vie, et sois heureuse. Tu le mérites."

Je sortais de l'immeuble pour me mesurer à l'immensité de la ville, la grisaille laissant place à quelques rayons de soleils m'évoquant des larmes lumineuses à travers l'épaisseur des nuages. Quels mois de folie, une relation désastreuse, une dépression horrible, une rupture douloureuse, et une rencontre inattendue.

Je sais pas pourquoi mais je me sentais bien. Peut-être parce que toutes les autres fois, sois ça c'était mal fini, sois je finissais comme une merde à marchander pour qu'elle revienne. Finalement, j'ai muri, sans doute.

En fumant, je finissais par croire que j'étais comme cette cigarette. Je te nuis, ma beauté. Et tu devais t'arrêté pour survivre plus longtemps, dans ce monde cancéreux. Je me sentais vide, mais aucune pensées négatives à l'horizon, étrangement. Bah, qu'est-ce que j'm'en fous, puisque demain c'est le début de l'été.  

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Titre de l'histoire inspiré par la chanson d'Enemy of Reality : "The Bargaining".

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"La cigarette posée sur mes lèvres, une petite mort à chaque bouffée de tabac incandescent."
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Cancre

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MessageSujet: Re: Finir mal.   Jeu 18 Aoû - 8:43

Derek Leonheart a écrit:
Finir mal.
Chapitre 5: Depression


18h30
Un bar paumé.


"Et voila tout ce qu'il s'est passé depuis." lui dis-je, le regard frêle.

"Tu as un véritable don de conteur d'histoires, tu sais."

"On me le dit souvent. J'devrais p'tet écrire un bouquin."

Nos rires enfumés s'échappèrent.

"C'est pas une idée si con que ça tu sais."

"Ce qui est con..." commençais-je à répondre doucement, "c'est que si j'avais su, je serai peut-être pas parti autant en couilles..."

<<<<<<<<<<<<<<

10h12
Un comico paumé.


"Derek, Derek, Derek..."

"Louis, Louis, Louis..." répondis-je

"T'en as pas marre de faire des conneries et de te retrouver au poste ?" me dit-il, l'air ennuyé pour la énième fois.

"Pas vraiment. La bouffe est bonne."


Sourire narquois.

Il soupira lentement, "Tu sais, tu as 16 ans, donc ça passe encore, mais un jour tu seras majeur, et la, tu risqueras de prendre très chère. Donc essaye de te calmer un peu, je pourrai pas toujours te sortir de la."

"Je sais, Louis. Je fais pas ça pour t'emmerder."

"Je sais bien. Mais tu devrais quand même songer à ce que je t'ai dit la dernière fois. Va voir un psycholo..." il n'eut le temps de finir que mon énervement me fit l'empêcher de terminé sa phrase.

"Je ne fais pas de dépression, Louis. Bordel de merde. Non, je fais pas tout ça pour calmer un putain de manque affectif à la con. Donc maintenant, si tu permets j'aimerai bien rentrer chez moi histoire de me changer, parce qu'honnêtement, la nuit en cellule de dégrisement, non seulement ça pue la pisse, mais vu qu'y'as pas la clim, j'ai transpiré comme un bœuf. Je peux ?"

"Allez, en espérant ne pas te revoir..."

10h20
A l'extérieur d'un comico paumé.


C'est fou, quand on sort de cellule de dégrisement après s'être bourré la gueule tellement violemment avant une lourde baston dans un bar miteux, le soleil nous éclate encore plus les cornées. Et je parle même pas du mal de crâne qui se marie tellement bien avec ma chemise noire complètement en bordel et dégueulasse. Une fois ma vision redevenue morose, la porte du comico derrière moi claqua et juste à coté de moi s'arrêta une magnifique donzelle.

Le genre de donzelle qui pue la classe, à vrai dire. La première chose que j'eus remarqué fût ses nombreux tatouages qui parcourait le long de ses bras, avant que l'impact de son visage magnifique eût pour malheureux effet de faire réagir et ma mâchoire, et ma bite. Une rockeuse avec un brin de punk, et un zeste de grunge ? I'm in !

"Qu'est-ce que tu r'gardes ?" me dit-elle soudainement.

"Une nana qui pue tout autant la classe qu'elle est magnifique." répondis-je un petit sourire en coin, comme à mon habitude.

"Et moi je regarde un jeune alcoolique débraillé qui croit qu'avec des jolies mots il va réussir à me baiser."

Wah. Quelle violence.

"Wo, j'ai pas voulu te manquer de respect. Toi, par contre, tu m'en manque la." répondis-je, quelque peu frustré.

"Qu'est-ce que ça peut me foutre au juste, branleur ?"

"Ecoute, je viens de sortir de..."

"Moi aussi j'en sors, ça veut pas dire que ça va m'empêcher de pas t'éclater ta gueule."

J'ai même pas eu le temps de répondre que ses phalanges s'enfonçait dans ma gueule. Putain, elle tapais fort en plus, la salope. J'ai beau être un gentleman, ça n'empêche pas qu'une nana, c'est un être humain comme moi. Et a partir du moment ou un être humain m'agresse, j'envoie le patté.

Après quelques enchaînements brefs de coups d'lattes dans la gueule, je fût frappé, sans jeu de mots, d'une révélation. Les traits fins de son visage, ce jolie minois si parfait, ce regard perçant, ces lèvres pulpeuses...

"Excuse-moi mais..." dis-je confus, essuyant légèrement la goute de sang qui coulait le long de mes lèvres, "On s'est pas déjà rencontré ?"

"Désolé, mec, mais les trous du cul dans ton genre se ressemblent tous pour moi. Allez, salut." me répondit-elle, avant de se retourner pour me montrer son joli cul tandis qu'elle marchait à l'horizon.

>>>>>>>>>>>>>>>>>>

18h26
Un bar paumé.


Honnêtement, je me demande pourquoi je continu. L'histoire avec Alicia m'avait fait grandir, Mathilda était mon médicament pour oublier tout ce mal, Kim m'isolait de mes responsabilités, Harley fût le feu à ma mèche, Aya fût la monnaie d'échange à un marchandage horrible que j'avais fui.

J'ai l'impression que, depuis ce point zéro qu'est l'affaire Alicia, ma vie à pris un tournant des plus imprévu.

J'étais dans le déni. Fuyant mes responsabilités. Syndrome de Peter Pan puissance mille. Je pensais que c'était les adultes la cause de tout ça, à cause de leur attitude, leurs paradigme, la société qu'ils ont crée, car ils ont eu le choix que nous n'avons pas eu. Nous sommes là car ils l'on voulu, pas l'inverse. Et en déniant, au final... J'étais comme eux.

Pour ça que je me suis isolé de ce monde qui m'entourait. Une autre forme de fuite. Ce qui ne me tue pas me rend plus faible, par conséquent, en oubliant les émotions les plus primaires, en m'enfermant dans un cocon scellé afin de fuir toutes ces sales émotions, peut-être que j'irai mieux. Mais en faisant ça, ce n'est pas que de mes émotions que je me suis isolé. Mais aussi de celles des autres.

Ce qui amena la colère. Brulante et furieuse mais passionnelle. Relâché ce qui était contenu, ce qui remplissait le récipient peu à peu, jusqu'à ce que sa pète. Dans une tornade de feu et de flames, consumant tout ce qui l'entourait. Je ne me rendait pas compte qu'en fait, cela faisait du mal. A moi. Aux autres. Qu'ils soit inconnus ou des gens que j'aime. Ce que je connaissais fût détruit. Détruire pour mieux reconstruire peu permettre d'avancer. Pas dans mon cas.

Puis j'ai pensé pouvoir marchandé avec le diable en personne. Je pensais que j'avais trouvé ma bouée de secours dans cet océan de flammes. L'eau dans mon vin. Je pensais enfin pouvoir passer à autre chose. Jusqu'à ce qu'un passé inconnu vienne me frapper de plein fouet. De l'essence qu'on jette au feu qui s'éteint. Ma fuite me coûta chère encore une fois. Même si c'était nécessaire, pour moi et pour elle. Je m'ouvrais. Mais en m'ouvrant j'avais trop partagé ma souffrance. Elle s'était propagée telle une infection.

Tout ce qu'il me reste, c'est cette lente dépression suivit de la douce répression rédemptrice qui me pourchasse où que j'aille. Je réfléchis. Encore et encore. J'aurai pu, j'aurai du, si j'avais, si j'aurai, si je pouvais... Je tourne en rond, je tourne en rond, je tourne en rond, dans mon esprit étriqué, torturé, malmené, saignant de milles feux hardant aussi chaud que des cendres blanches comme de la neige. Et ça fais mal. Et ça fais du bien.

L'alcool descendait le long de ma gorge, suivit de la tétanisation crispée induite par ce whiskey trop fort pour mon corps d'adolescent se prenant pour un adulte. Et elle s'asseyait à coté de moi.

"Comme on se retrouve." dis-je

"Encore toi..." soupira-elle en réponse.

"Je suis désolé."

"Quoi ?"

"Désolé."

"Mais tu t'excuses de quoi, au juste ?"

"Si j'ai fait quelque chose que j'aurai pas du sans m'en rendre compte."

"Hein ?"

"Laisse tomber... Je sais pas pourquoi j'te parle comme ça, p'tet parce que tu me dis quelque chose."


"Okay, mec. T'as l'air de pas aller bien." soupira-elle, "J'accepte tes excuses, désolé d'avoir été violente. J'ai passée une journée de merde. T'inquiètes pas, t'es pas un être immonde."

Être immonde ? Et la, je fût frapper d'une nouvelle révélation. C'est pas possible. En plus on a vieilli depuis, du coup c'est dur de se baser sur le physique, encore moins sur la psychologie mais...

"Mathilda ?" dis-je, confus.

Silence.

Grincement strident de caoutchouc sur l’asphalte brulante.

Alcooliques riant bêtement.

Klaxon.

"Comment tu connais mon nom ?" répondit-elle aussi dans la confusion.

"Mathilda...", m'approchais-je, "C'est moi..."

Elle s'arrêta. L'incompréhension se lisait dans ses yeux. Puis soudain elle fût elle aussi frappée de cette révélation. Elle leva légèrement sa main vers moi.

"Derek ?"

>>>>>>>>>

18h33
Encore dans un bar paumé.

"Tu sais, c'est pas de ta faute. Tu pouvais pas savoir. Faut que t'arrêtes de te prendre la tête comme ça. Et surtout, et ça je le remarque depuis qu'on discute. Tu te caches derrière un masque d'humour pour pas montrer que tu souffres. Mais tu devrais pas, mec.", elle tira une taffe, "T'es un mec bien, t'as fait des erreurs, t'as eu des trucs bien et pas bien qui te sont arrivés, c'est comme ça. On porte tous notre croix. Rend la juste plus légère et porte la bien.", la fumée s'envola dans l'air.

"Peut-être ouais." répondis-je, souriant légèrement.

"N'empêche, ça m'as l'air un peu ouf ton histoire."


"J'ai la mémoire qui déconne un peu je t'avoue. Et puis tu sais ce que c'est. Les souvenirs lointain d'une époque joyeuse d'un adolescent. Ou l'on avait l'impression de faire 2 mètres alors qu'on en faisait 1m40..."

Eclats de rires.

"Donc bon..." continuais-je, "Peut-être que certains détails sont trop romancés, que mon esprit essaye de colmater les trous comme il peu, parce que c'est vague et émotionnellement fort, tu vois."

"Ouais.", répondis-elle en se servant un nouveau verre du divin nectar.

"Enfin bref. Parle moi plutôt de toi. Qu'est-ce qui s'est passé ? Pourquoi t'as disparue soudainement ? Et bordel de merde, quoi de neuf ?" dis-je, yeux dans les yeux.

Rires suivit d'un shot de whiskey.

"Bah écoute... Après ce qu'il s'est passé avec ta bande et mon père... On a quitté la ville. Je lui en voulait encore plus. Non seulement c'était un connard violent qui aimait les putes beaucoup plus que sa famille, mais en plus c'était un lâche trouillard", elle commençais à éparpiller un peu de tabac et de marie jeanne sur la table, "Donc bon, nouvelle ville, arrachée de mon copain par un connard, alors que je suis ado... Et puis tu m'avais montré la voie. Alors j'ai commencé à me rebellée. Au début c'était minuscule. Quelques conneries par ci par la. Qui était bien sûr punis par des baffes."

"Aïe." répondis-je.

"J'te l'fais pas dire.", sa langue glissa le long de la feuille, "Mais après j'ai grandi.", elle la roula complètement, "J'ai rencontré des gens biens. Qui m’ont aidé.", la flamme brula complètement son doux joint qu'elle aspira avec plaisir, "Puis j'en ai eu marre. J'étais suffisamment grande. Suffisamment forte. J'ai fini par lui éclater la gueule, j'ai pris la main de ma mère et on s'est cassé."

"Pour une porteuse d'ovaires, t'as des couilles."


Rires. Shots. Fumé.
Elle me tendit le calumet.

"Et bon, maintenant on vit ici. C'est un peu dur, mais on arrive à vivre. C'est toujours mieux qu'avec l'autre con."

"J'te l'fais pas dire. Et du coup, c'est pour ça que t'as un look aussi badass et une attitude aussi couillues ? Franchement, j't'ai pas reconnue sur le coup. Tu t'es vraiment endurcie. C'est bien."

Elle ria avant de répondre, "Ouais, ça change ce genre de trucs."

"Ouais...", soupire blanchâtre, "Ce fût un rattrapage des plus émotionnels, hein ? Dis-moi tu fais quoi ce soir ?"

Un long sourire se dessina le long de son magnifique visage avant qu'elle ne me réponde, "Toute cette discussion t'as donné envie de revivre le passé plus que métaphoriquement, c'est ça ?"

"Bah...", détournais-je le regard tout en répondant, "Disons que t'es encore plus canon qu'avant, et qu'un peu de réconfort ça ferait du bien."

Ses lèvres se déposèrent contre les miennes.

>>>>>>>>>>>>

22h12
Un appart paumé.


Les draps était souillés. Nos corps aussi. Ce fût intense. Ma tête profondément enfouie dans sa poitrine qui n'était plus riquiqui depuis.

"Tu sais, Derek. T'es un gars bien." me dit-elle.

"Bof."

"Y'as pas de bof, putain."

"C'est toi la putain..." rétorquais-je avant de fourrer mon nez entre ses seins.

"Roh, t'es vraiment pas possible. Tout ce que je te dis c'est que si tu veux aller mieux et sortir de ta dépression, tu devrais accepter tout ce qu'il s'est passé et tourner la page."

Je soupirai ma réponse, "ça va être compliqué, j'en ai bien peur."

"Peut-être. Mais tu sais, peut-être qu'en ouvrant les yeux, tandis que tu regardes ce ciel stellaire, tu comprendras que la vérité que tu cherches tant est cachée sous tes yeux."

Je levais ma tête de ses miches.

"De quoi ?"

"Laisse-tomber, j'ai essayé de faire un peu de prose comme tu les aimes, mais visiblement, j'ai pas ton niveau."

Sourire.

"Tu sais, c'est pas bien grave. T'es meilleure que moi au lit."

Et on était reparti.

Peut-être qu'elle avait raison. Mes amis cherchait le Derek qu'ils avait connu, mais même moi j'crois que j'l'ai perdu. Elle, elle cherchait pas à le retrouver. Elle voulait qu'il avance. Il faut repartir de zéro. Tout reconstruire. Pour mieux avancer. Mais je ne sais malheureusement pas comment faire. Après tout, j'arrive dans un nouveau lycée demain. Et vu comment l'esprit des jeunes sent à l'heure actuelle, je ne peux que me méfier. Elle est finalement aussi pure qu'à l'époque malgré sa carapace aussi dure que ma bite. Peut-être trop. Si je veux changer, je vais devoir commencer par repartir de zéro, et ça... ça veut dire reprendre les sales habitudes...

>>>>>>>>>>>

6H30
En bas de l'immeuble.


Je me réveillait l'excroissance de chair en feu de la longue nuit de va et viens passée, accouplée à la cuite phénoménale grâce à un alcool trop fort pour moi, donnant naissance à une gueule de bois douloureuse. Je me levait doucement du lit de la demoiselle, pour m'étirer un peu après tout ce sport nocturne. Ma mère ne savait pas que j'avais passée une nuit d'hédonisme alcoolisé, elle pensait que j'étais chez un ami que j'avais rencontré dans cette ville. Je lui avait menti pour une raison bien spécifique, et c'est une simple phrase que je répète souvent: "Un matin gênant est bien mieux qu'une nuit de solitude..."


Code by Dev Nerd Girl // Artwork by: Kyrie
Titre de l'histoire inspiré par la chanson de Black Flag : "Depression".

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